Publicité

Publicité

Recherche

Mercredi 11 juin 2008

Maladie aussi fréquente que méconnue, le syndrome antiphospholipides prédispose à la formation de caillots sanguins qui vont conduire à des thromboses et des avortements spontanés. Une fois décelé, on peut introduire un traitement pour éviter la survenue de tels événements


Epidémiologie et mécanismes de la maladie : c'est en pratiquant des tests sanguins chez des patients atteints de syphilis, une maladie sexuellement transmissible pouvant léser de nombreux organes, que l'on a découvert au début du XXème siècle des anticorps nommés anticardiolipines. Plus tard, on a réalisé que ces anticorps étaient également présents chez des patients atteints de Lupus Erythémateux Disséminé (maladie complexe du système immunitaire touchant la peau et parfois d'autres organes tels que le rein). Aujourd'hui, on sait que 2-5% de la population possède des anticorps contre les antiphospholipides, une famille de molécules impliquées dans la coagulation du sang. En présence de ces anticorps dirigés contre les antiphospholipides, le patient présentera un sang qui « coagule plus facilement », ceci conduisant dans un tiers des cas à des thromboses vasculaires, soit la formation de caillots de sang, que ce soit dans les artères ou les veines. De plus, les patientes de sexe féminin, pour lesquelles la prévalence de la maladie est 2 fois plus grande que chez l'homme, peuvent remarquer des fausses couches à répétition. Enfin, ces fameux anticorps vont interagir avec les plaquettes (thrombocytes), dont le nombre chutera dans la circulation sanguine.

Il existe deux formes du syndrome des anticorps antiphospholipides : une forme primaire, c'est-à-dire sans autre maladie sous-jacente, et une forme secondaire à une autre pathologie (SIDA, cancer, maladies auto-immunitaires).


Diagnostic : celui-ci se base sur la présence d'événements tels que des thromboses vasculaires, volontiers à répétition, des avortements spontanés ou un manque de plaquettes, associée à des anomalies lors de prises de sang (recherche d'anticorps divers : anticoagulant lupique, anti-beta 2 glycoprotéine 1...).


Symptômes : il est essentiel d'évoquer un syndrome des antiphospholipides dans le cas où l'on retrouve les symptômes cités plus haut. De plus, une part non-négligeable des infarctus du myocarde et des attaques cérébrales chez des patients de moins de 50 ans est expliquée par la présence de ce syndrome.


Traitement : Face à cet état de coagulation extrême, la prise en charge consiste à prendre des comprimés qui vont rendre le sang plus fluide : les anticoagulants oraux sont indiqués pour éviter la récidive de thromboses, l'acide acétylsalicylique pour traiter une attaque cérébrale et divers médicaments immunosuppresseurs (stéroïdes, immunoglobulines) lorsque les plaquettes sanguines sont trop basses.

Par Systole - Publié dans : Maladies cardio-vasculaires
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Mardi 11 décembre 2007

Définie comme une diminution irréversible de la capacité de filtration du rein, l'insuffisance rénale chronique (IRC) est une maladie complexe qui empiète sévérement sur la qualité de vie des patients et l'économie de santé


Epidémiologie : Dans nos contrées, 10 personnes sur 100'000 sont diagnostiquées avec une IRC chaque année. Ce chiffre est 5 fois plus grand aux Etats-Unis. La prise en charge de la maladie et de ses complications (dialyse, notamment) entraîne des coûts très importants.

Mécanismes : L'être humain possède généralement deux reins, situés de part et d'autre de la cavité abdominale et dont le rôle est de filtrer le sang afin d'éliminer les déchets (urée, substances azotées) et d'assurer l'équilibre corporel en ce qui concerne l'eau et les électrolytes (sodium, potassium, calcium...). Ceci est possible grâce à un système complexe qui comprend le glomérule (une pelote de capillaires sanguins) et une série de tubes qui vont permettre l'élimination ou la recaptation des différentes substances, selon les besoins. L'ensemble formé par un glomérule et les tubules s'appelle le néphron, le rein en possédant plusieurs millions. Une fois l'urine produite, elle est évacuée par les uretères qui la transportent dans la vessie puis, via l'urètre, on assiste à la miction, contrôlée par le patient. Le rein a également une fonction hormonale puisqu'il sécrète l'érythropoïétine (EPO) qui stimule la production de globules rouges au niveau de la moelle osseuse, le calcitriol qui assure l'équilibre calcique au niveau des os, ainsi que la rénine, une hormone régulant la tension artérielle. On comprend ainsi que si le rein fonctionne mal, il y aura plusieurs conséquences : une anémie (baisse de production des globules rouges), une faiblesse osseuse et une hypertension pour compenser la faible irrigation du rein.

Face à des agressions diverses et se prolongeant dans le temps, principalement l'hypertension et le diabète, le tissu rénal va subir une destruction progressive, ce qui va conduire à une surcharge au niveau de la partie encore saine du rein qui va tenter de compenser jusqu'à un certain point le travail des glomérules touchés. Avec l'avancement de la maladie, les déchets tels que l'urée et la créatinine (produit de dégradation des muscles) vont s'accumuler irréversiblement sans traitement.


rein.jpg

Causes : Comme dit précédemment, l'hypertension et le diabète sont les deux maladies principales qui provoquent une IRC, dans la mesure où elles vont blesser sur le long terme le tissu rénal et ses vaisseaux, c'est pourquoi combattre ces deux entités est si important. Ceci implique des mesures relativement simples de prévention (contrôle du poids corporel, alimentation équilibrée) ou un traitement à base de médicaments (antidiabétiques, antihypertenseurs). D'autres causes comme une infection chronique du rein (pyélonéphrite chronique) ou des maladies telles que l'amyloïdose ou le lupus peuvent conduire à une insuffisance rénale chronique. La prise au long cours de médicaments toxiques pour le rein (anti-inflammatoires non stéroïdiens, par exemple) peut entraîner une IRC.

Symptômes : Le patient avec une IRC peut souffrir de symptômes très variables : fatigue, faiblesse, perte d'appétit, nausées, maux de tête, crampes musculaires et changements au niveau de la peau (coloration jaune pâle, démangeaisons). Ces symptômes, souvent absents ou inconstants au stade précoce de la maladie, vont apparaître avec la progression de l'insuffisance rénale. C'est pourquoi un contrôle régulier de la fonction rénale (prise de sang) va permettre de dépister précocément une anomalie, surtout chez les patients avec un terrain à risque (hypertension, diabète).

Prise en charge et traitement : En premier lieu, il convient de tenir sous contrôle ce qui a provoqué l'IRC, puis de diminuer la production d'urée par un régime limité en protéines, d'assurer un apport suffisant de liquide et stimuler l'urine (médicaments diurétiques). Le traitement de l'hypertension est essentiel, car il s'agit à la fois d'une cause possible et une conséquence (la rétention de sel par le rein malade, la filtration augmentée par le rein encore sain). Enfin, il est important d'administrer au patient les molécules produites en quantité insuffisante (l'EPO, du calcium...). La deuxième étape consiste, dans les formes tardives, c'est-à-dire l'insuffisance rénale terminale, à remplacer la fonction première du rein au moyen de la dialyse : il s'agit d'une machine (dont il existe plusieurs systèmes) qui va filtrer le sang du patient via un cathéter placé dans son bras. Ce procédé est effectué en général 3-4 fois/semaine et peut durer plusieurs années. Dans certains cas, le patient pourra bénéficier d'une transplantation rénale, un processus complexe qui se heurte au manque de donneurs et à la complexité de l'intervention et du suivi (prise de médicaments immunosuppresseurs pour éviter le rejet de la greffe).

Par Systole - Publié dans : Maladies rénales
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus