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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /2006 00:00
La Maladie de Ménière se caractérise par des crises durant lesquelles le patient ressent des vertiges intenses et incontrôlables, avec éventuellement des troubles auditifs, des nausées et des vomissements. Décrite depuis plus de cent ans, ses causes ne sont encore que partiellement claires.

Mécanismes physiopathologiques et symptômes : l'oreille interne est formée de deux composants majeurs, la cochlée ou colimaçon qui sera utile pour le traitement des ondes sonores en stimuli électriques (audition) et les canaux semi-circulaires (équilibre), contenant un liquide qui va se mouvoir en fonction des mouvements de la tête. Dans la maladie de Ménière, une perturbation au niveau du liquide (hydrops endolymphatique) va provoquer des crises de quelques heures qui vont se caractériser par des vertiges intenses, soit la sensation que les objets tournent autour de soi, ce qui va causer des nausées et des vomissements. De plus, les patients ressentiront souvent un déficit de l'audition et des acouphènes (sons désagréables perçus sans stimulation réelle). La fréquence des crises s'avère très variable selon les patients (une par année... une par semaine...), ce qui plonge la personne dans un état d'abattement dans la mesure où les crises sont imprévisibles.

De plus, avec la répétition des crises, l'audition va récupérer de moins en moins bien et chez certains patients, on notera un déséquilibre permanent.

Traitement : la prise en charge d'un patient avec une maladie de Ménière avérée (plus de deux crises d'au moins vingt minutes avec troubles typiques de l'équilibre et de l'audition) sera de prime abord médicamenteuse. On utilisera des antagonistes de l'histamine comme le métoclopramide pour diminuer les vomissements et les nausées. A titre préventif, et ce afin de diminuer le risque d'une nouvelle crise, le patient prendra quotidiennement des médicaments comme le dichlorydrate de bétahistine ou encore la flunazirine. La mise en place d'un aérateur à travers le tympan a montré être très efficace également.

Lorsque les médicaments ne parviennent pas à diminuer ou stopper les "crises", on songera à des interventions chirurgicales diverses (sacculotomie, neurectomie vestibulaire) qui sont très efficaces mais qui impliquent un risque de surdité non négligeable (environ 15%).

Une prise en charge psychologique s'avèrera importante pour ces patients qui se sentent souvent incompris, anxieux à l'idée de sortir, de peur de subir une nouvelle crise et d'être pris pour des alcooliques par des passants (vertiges, vomissements...).
Par Systole - Publié dans : Maladies ORL
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Dimanche 16 avril 2006 7 16 /04 /2006 00:00
Le Glaucome se définit comme un groupe d'affections qui provoquent une "dégradation" progressive et chronique du nerf optique, et dont le facteur principal est l'augmentation de la pression dans l'oeil. Malgré sa fréquence très importante, il est souvent sous-diagnostiqué en raison des symptômes qui passent inaperçus puisque la progression est très lente, mais irrémédiable sans traitement.


Epidémiologie : La fréquence du glaucome est impressionnante dans la population, puisqu'environ 1-3% des gens sont touchés. Ce pourcentage atteint les 10% chez les personnes de plus de 70 ans, ce qui fait du glaucome l'une des causes majeures de cécité dans les pays industrialisés avec la rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Parmi les facteurs de risque principaux, on citera l'âge (la pression dans l'oeil augmente avec les années), certaines éthnies davantage prédisposées (Asiatiques, Africains) et le fait d'avoir des personnes avec un glaucome dans sa famille.




Mécanismes physiopathologiques : Certaines parties de l'oeil comme la cornée et le cristallin (lens) sont nourries par l'humeur aqueuse, le liquide qui se trouve dans le globe oculaire. Cette humeur aqueuse génère une pression dans l'oeil nécessaire à son bon fonctionnement et circule avant d'être réabsorbée par une région appelée le Trabeculum, située au niveau de l'angle entre l'iris et la cornée (angle irido-cornéen). Si la pression est trop élevée ou si l'angle irido-cornéen est fermé, ceci va avoir des répercussions aux niveaux des vaisseaux situés en arrière de l'oeil et provoquer une lente dégradation du nerf optique.






Il existe différents types de glaucomes mais la conséquence est toujours la même : l'humeur aqueuse ne peut pas être réabsorbée de manière correcte, ce qui va provoquer une lésion du nerf optique. Voici les types principaux :

- Le Glaucome chronique à angle ouvert (Glaucome simple), qui rend compte de 90% de tous les glaucomes. Dans ce cas, la pression intra-oculaire et trop élevée (normale = environ 15 mm Hg).

- Le Glaucome secondaire à angle ouvert : des dépôts vont s'accumuler au niveau du trabeculum (cas du glaucome pigmentaire ou du glaucome pseudo-exfoliatif)

- Le Glaucome à angle fermé : l'humeur aqueuse ne peut s'écouler en raison d'un blocage chronique au niveau de l'iris ou du trabeculum, qui peut être secondaire à une autre maladie de l'oeil.

- Le Glaucome aigu : la crise de glaucome survient de manière plus tapageuse. Le patient présente des douleurs oculaires importantes, des maux de tête et des troubles gastro-intestinaux. La pression intra-oculaire est extrêmement élevée en raison d'un blocage sur la pupille. Une intervention d'urgence est necessaire.

- Le Glaucome congénital : Enfant naissant avec un glaucome et présentant de "beaux grands yeux bleus"... Une intervention rapide est également souhaitée pour éviter une perte de vision irréversible.


Symptômes cliniques : les lésions au niveau du nerf optique vont provoquer chez le patient une diminution progressive de son champ visuel, qui va se rétrécir pour résulter au stade final où la personne ne verra plus que ce qui est directement devant lui ou pire encore, sera totalement aveugle. Le développement de la maladie se faisant sur de nombreuses années, une personne ne se rend souvent pas compte de la diminution de son champ visuel avant le stade terminal, d'où l'utilité des contrôles chez un ophtalmologue, qui pourra mesurer par des méthodes simples la pression intra-oculaire et regarder la rétine et le nerf optique.



le champ visuel chez une personne normale (en haut) et après évolution d'un glaucome (en bas)


 


Traitement : il dépend du type de glaucome, mais d'une manière générale, on pourra utiliser divers médicaments, le plus souvent en gouttes oculaires, qui vont permettre de baisser la pression intra-oculaire (beta-bloquants, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique, dérivés des prostaglandines). Dans le cas où il y une obstruction du flux liquidien, une intervention chirurgicale sera envisagée. Un autre aspect tout aussi important sera le contrôle régulier de la pression intra-oculaire, qui pourra être mesurée par le médecin (tonométrie par aplanation) ou par le patient lui-même au moyen d'un instrument. Des contrôles du champ visuel seront également prévus pour évaluer la progression ou la stabilisation du déficit.

Par Systole - Publié dans : Maladies des yeux
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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /2006 00:00
La Schizophrénie est un trouble psychiatrique relativement fréquent, obscur et souvent mal perçu par le public. Il se traduit par la présence chez le patient d'idées délirantes, de troubles de la perception sensorielle (hallucinations), d'un comportement désorganisé et d'une affectivité anormale, ce qui va résulter en des difficultés à interagir avec son entourage et la société, et ce de manière chronique.


Epidémiologie : on estime à environ 1% la prévalence de personnes qui peuvent être atteints de schizophrénie durant leur vie. Il n'y a pas de différence statistique entre les hommes et les femmes, mais les patients issus de classes sociales plus défavorisées semblent plus vulnérables. On remarquera que la maladie débute le plus souvent entre 15 et 35 ans.


Mécanismes physiopathologiques : de nombreuses hypothèses ont été formulées pour tenter d'expliquer la survenue de la schizophrénie chez un patient, mais aucune ne semble unanime, ce qui nous oriente vers des causes multiples : une prédisposition génétique, une activité cérébrale anormale, notamment au niveau de plusieurs "messagers chimiques" (neurotransmetteurs) comme la Dopamine et la Noradrénaline. Le modèle appelé "stress-diathèse" est souvent utilisé pour illustrer l'apparition de la maladie : un terrain personnel qui prédispose le patient à développer la maladie, puis un stress important qui la déclanche (séparation, drogue, traumatisme émotionnel). L'environnement (famille, relation) joue sans doute un rôle important, notamment dans le cas d'une personne déjà schizophrène dans notre famille.


Symptômes et classification : on a souvent l'habitude de classer les différents symptômes qui caractérisent la Schizophrénie comme symptômes dits "positifs" et "négatifs".

Symptômes positifs :


- Idées délirantes : le patient se construit une réalité différente, ce qui résulte en des idées fausses de persécution, grandeur, pensée mystique (le patient pense être un messager de Dieu par exemple)...

- Hallucinations : le patient perçoit des stimulations sensorielles qui n'existent pas réellement. Elles peuvent toucher tous les sens, mais sont le plus souvent auditives (voix menaçantes, ordres)

- Discours désorganisé : le patient présente, en dehors du contenu anormal de son discours (idées délirantes), un trouble de l'expression de sa pensée (passe du coq à l'âne, incohérent...)

Symptômes négatifs :


- Affect anormal (tonalité des émotions par rapport à l'entourage) : diminution de son intensité (émoussement), labilité émotionnelle...


- Perte de volonté et de plaisir


NB : Ces symptômes seront associés à une difficulté à distinguer les limites du Moi, à un comportement psychomoteur altéré (agitation ou apathie), à des troubles de l'attention...


Pour faire un diagnostic de Schizophrénie, un certain nombre des symptômes cités ici doivent être présents pendant au moins 6 mois et ne pas être reliés à une maladie organique (démence, infection, prise de médicaments ou de substances). Ceci nous amène à discuter du caractère chronique de la Schizophrénie, qui va se présenter classiquement sous la forme d'une détérioration progressive entrecoupée de périodes de "crises" et d'accalmies (rémissions). En général, les symptômes "positifs" (idées délirantes, hallucinations) vont diminuer avec les années tandis que les symptômes "négatifs" (isolement, perte de motivation) auront tendence à perdurer.


Traitement et prise en charge : un patient schizophrène nécessitera un traitement basé sur une approche multiple. Des médicaments seront pris de manière chronique pour diminuer les risques de rechute qui sont importants. Pour cela, on utilisera des Antipsychotiques (ou Neuroleptiques) comme l'Halopéridol ou la Chlorpromazine, qui peuvent cependant avoir des effets secondaires gênants à long terme (troubles du contrôle du mouvement comparables à ceux de la maladie de Parkinson). Une nouvelle génération de médicaments antipsychotiques comme le Rispéridone ou l'Olanzapine ont permis de diminuer ces effets secondaires. Outre ces comprimés, le patient suivra une psychothérapie comportementale ou de groupe pour pouvoir mieux gérer son quotidien et son anxiété, car il faut noter que le risque de suicide est très important chez ces patients (50% feront au moins une tentative de suicide et 10% en mourront effectivement).

Quelques mots enfin sur la prise en charge à long terme, qui comprend des activités dans des ateliers protégés ainsi qu'une aide pour l'hébergement. Afin d'éviter des rechutes, le patient ainsi que ses proches doivent être mis au courant des signes avant-coureurs d'une nouvelle "crise", qui peut se manifester par une attitude perplexe, un état dépressif ou une sensation de terreur, notamment.


NB : à la lumière de ces explications, on comprend que la schizophrénie est à distinguer catégoriquement de la "personnalité multiple" auquel le public l'associe parfois, mais qui entre dans le cadre des troubles dissociatifs, nettement plus rares.


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Samedi 8 avril 2006 6 08 /04 /2006 00:00
La maladie d'Alzheimer est la cause principale de démence chez la personne âgée, c'est-à-dire la perte progressive des différentes facultés mentales qui vont handicaper le quotidien d'un patient. Notons d'emblée que le terme démence ne doit pas être interprété dans le sens qu'on lui connait habituellement (folie)!!!
Il existe cependant de nombreuses autres maladies qui peuvent créer une démence : d'autres démences dites neurodégénératives (Huntington, Pick, Parkinson), mais aussi des attaques cérébrales répétées (démence vasculaire) ou des infections du système nerveux (Herpès, Syphilis tertiaire). Une autre remarque : le syndrome d'Alzheimer est une maladie, il ne s'agit pas de la perte des fonctions cognitives normale et liée à l'âge!

Epidémiologie : la maladie d'Alzheimer représente la cause majeure de démence chez les >65 ans. Sa prévalence augmente avec l'âge et il existe de rares formes familiales.

Mécanismes physiopathologiques : on retrouve chez un patient avec une maladie d'Alzheimer une diminution de la taille du cerveau (atrophie) avec l'apparition de plaques protéiques (amyloïde) et au niveau biochimique, une diminution de la synthèse d'un neurotransmetteur (messager chimique des neurones) : l'Acétylcholine.


Symptômes cliniques : on va souvent détecter un patient avec une maladie d'Alzheimer en raison de l'apparition progressive de troubles de la mémoire, et surtout des événements récents, parfois avec des troubles du langage. Avec l'évolution de la maladie, qui dure environ dix ans, on trouvera également une désorientation dans l'espace et le temps (le patient ne sait plus où il se trouve ni quelle est la date), des troubles de la compréhension et des difficultés à s'exprimer ou encore l'alteration d'autres fonctions cognitives (calcul, raisonnement, jugement, capacité de réaliser des gestes qu'il savait faire auparavant...)


Traitement et prise en charge : De nombreux médicaments ont été mis au point pour diminuer les symptômes du patient (Donépézil par ex.), mais aucun ne parvient à guérir la maladie ni même freiner son évolution. Il s'avère important également de rechercher chez un patient atteint de la maladie d'Alzheimer d'autres pathologies associées, telles que la dépression, très fréquente, mais aussi d'autres manifestations (hallucinations, idées paranoïaques...).
Par Systole - Publié dans : Maladies du système nerveux
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Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /2006 00:00
Le terme de "conjonctivite" se réfère à une inflammation de la partie blanche et visible de l'oeil, la conjonctive (sic). C'est une affection très fréquente qui a de nombreuses causes (infectieuses et non-infectieuses), la plupart du temps sans trop de gravité, même si certaines peuvent être dramatiques sans traitement.


Epidémiologie : La conjonctivite est très fréquente, puisque tout le monde a déjà probablement vécu une telle situation (poussière, fumée, infection...)


Mécanisme physiopathologique et symptômes : la conjonctive est une couche très vascularisée qui protège l'intérieur de l'oeil des agressions externes. Lorsqu'il y a une infection (virale ou bactérienne) ou encore une inflammation due à des facteurs comme la fumée, un corps étranger ou une allergie, une réaction rapide va se mettre en place : l'oeil va devenir rouge (hyperhémie), des sécretions peuvent apparaître et une gêne ou une douleur vive vont surgir. On pourra également remarquer une augmentation de la sécrétion des larmes, des yeux collés au matin ou une sensation de pression.


Causes de conjonctivite et traitement : les causes sont très diverses mais il est possible de les séparer en deux grandes catégories (les infections et les processus non-infectieux).

Conjonctivites infectieuses :

 Les conjonctivites virales (kératoconjonctivite épidémique) sont très fréquentes et sont dues le plus souvent à la famille des Adenovirus. Les deux yeux sont atteints de manière simultanée ou successive et l'affection disparait généralement en 10-15 jours de manière spontanée. On proposera cependant des larmes artificielles et l'application de compresses humides pour diminuer la gêne du patient, de même que des gouttes antibiotiques pour éviter une surinfection bactérienne.

Les conjonctivites bactériennes ont pour origine des germes comme le Staphylococcus epidermidis, le Staphylococcus aureus ou Streptococcus pneumoniae. Les sécrétions seront plutôt purulentes (blanc, jaunes) et donneront des croûtes jaunâtres. Pour le traitement, on associera généralement des pommades ou des collyres antibiotiques (tétracyclines, chloramphénicol) avec des corticoïdes locaux pour diminuer l'inflammation et la douleur.

Certaines bactéries comme les Gonocoques sont particulièrement redoutables dans la mesure où ils peuvent provoquer une perforation de la cornée si la conjonctivite n'est pas traitée. Cette bactérie est souvent retrouvée également dans les urines du patient (urétrite à gonocoques, gonorrhée ou plus joliment "chaude pisse", ne provoquant souvent que peu de symptômes), ce qui est plutôt fréquent, puisqu'aux Etats-Unis, 25% de la population jeune est infectée!!!

Citons encore l'exemple du Pseudomonas, une autre bactérie qui peut provoquer un ulcère de la cornée et qui est souvent mise en cause lors d'un port abusif des lentilles de contact (mauvaise hygiène des lentilles, date limite dépassée).

Enfin, la conjonctivite à Chlamydia se retrouve sous deux formes, celle à inclusion (sérotypes D-K) et le trachome (types A-C). Cette dernière forme, rare dans nos contrées, représente une cause de cécité majeure dans les pays en voie de développement.

Conjonctivites non-infectieuses :

Une conjonctivite peut également être due à des irritants (fumée, poussières) ou une allergie, que ce soit dans le cadre d'une inflammation du nez associée (rhinite allergique) ou dans une atopie (patient présentant une asthme, un rhume des foins ou une dermatite atopique). Le traitement repose également sur des larmes artificielles, des compresses et des collyres spéciaux (corticoïdes, anti-histaminiques).


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Dimanche 19 mars 2006 7 19 /03 /2006 00:00
Le Psoriasis est une maladie cutanée qui provoque l'apparition chronique de plaques rouges et croûteuses au niveau de certaines régions de prédilection telles que les genoux, les coudes et le cuir chevelu, mais d'autres zones peuvent être touchées.


Epidémiologie : Le Psoriasis est l'une des pathologies dermatologiques les plus fréquentes dans nos contrées, puisqu'il touche 1-3% des personnes vivant en Europe occidentale. Il est cependant rare chez les personnes noires et Indiennes.

Mécanisme physiopathologique : La cause sous-jacente à cette maladie n'a pas été clairement mise en évidence, mais des mécanismes génétiques entrent probablement en jeu. Il existe deux types : dans le type I, les patients sont atteints avant 40 ans et des anomalies au niveau de certains gènes précis ont été démontrées. Dans le type II, les patients sont touchés après 40 ans et il n'y a pas d'évidence génétique. Parmi les facteurs qui précipitent (attention, ce n'est pas la CAUSE!) la survenue de ces plaques, on citera des infections (angine), des médicaments, l'abus d'alcool et le stress. Chez certains patients, le fait de se blesser à un endroit donné va provoquer la survenue des plaques psoriasiques (phénomène de Köbner).

Symptômes cliniques : on trouve typiquement des plaques rouges, brillantes et croûteuses qui se détachent (squames) au niveau du scalp, des zones d'exposition comme les coudes et les genoux, mais aussi les mains, les pieds et le bas du dos. Dans certaines formes de Psoriasis, les lésions cutanées ont un aspect différent de pustules ou encore une étendue massive (érythrodermie psoriasique).

Traitement : on utilisera des médicaments topiques (locaux) tels que des émollients (Anthraline, goudrons) pour ramollir et détacher les plaques, des corticoïdes ou des analogues de la vitamine A (rétinoïdes). On peut également faire appel à des séances de rayons UV associés au Psoralène (PUVA-thérapie) et des bains d'eau de mer (balnéothérapie). Dans les formes sévères, pouvant par exemple toucher les articulations, on pensera également à des rétinoïdes et des immunosuppresseurs (Méthotrexate).

Les formes de Psoriasis peuvent être très variables, mais il est clair que l'impact au niveau social a son importance, c'est pourquoi une prise en charge psychologique peut s'avérer adéquate si besoin.



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Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /2006 00:00
Le Mélanome est le cancer de la peau le plus agressif. Malgré les progrès dans son dépistage et son traitement, sa prévalence est en nette augmentation, surtout chez la population occidentale.


Epidémiologie : Le Mélanome touche environ 12 personnes sur 100 000 habitants chaque année, ce qui donne un risque d'environ 1% sur une vie. Ceci en fait un cancer moins fréquent que celui du poumon, du sein et du côlon. Néanmoins, on remarque une nette augmentation ces dernières années, surtout chez les personnes à peau claire.


Mécanismes physiopathologiques : un cancer consiste en des déréglements cellulaires qui vont provoquer une multiplication (prolifération) incontrôlée de cellules malignes. Dans le cas du mélanome, il s'agit des mélanocytes, des cellules de la peau qui lui donnent sa pigmentation (couleur). Ces cellules malignes peuvent se développer à partir d'un "grain de beauté" (naevus) qui est anormal (dysplasique) ou directement à partir de la peau normale. Le mélanome peut alors s'étendre en surface ou infiltrer directement les tissus sous la peau, ce qui pourra donner lieu à une invasion des ganglions lymphatiques et d'autres organes (métastases), comme l'os ou le cerveau.


Signes cliniques : un mélanome peut prendre des aspects très différents et seul un spécialiste peut faire un diagnostic. Néanmoins, un contrôle personnel s'avère tout aussi important, si ce n'est davantage, dans la prise en charge de "grains de beauté" suspects. Face à une "tache" mal délimitée, non arrondie, avec plusieurs couleurs et de diamètre plus important de 6 mm, il serait tout à fait opportun de consulter un dermatologue, d'autant plus si la lésion a évolué rapidement ou si elle est en relief. Les mélanomes peuvent apparaître presque à n'importe quel endroit de la peau, mais plus souvent au niveau du dos, de la poitrine et des jambes. Attention de ne pas oublier de surveiller certaines régions comme l'intérieur de la bouche, le cuir chevelu, la plante des pieds et les ongles.


Facteurs de risque : plusieurs caractéristiques d'un individu peuvent augmenter ses chances de faire un mélanome : une exposition massive aux rayons solaires (coups de soleil!!), la présence de nombreux neavi ou le fait d'avoir déjà eu un mélanome auparavant!


Traitement : il requiert un geste chirurgical pour enlever la tumeur et éventuellement les ganglions touchés. Dans les cas avancés, on procédera également à un traitement chimiothérapeutique. Après l'intervention, un contrôle pluri-annuel est de rigueur.


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Mercredi 15 mars 2006 3 15 /03 /2006 00:00
La Cataracte fait référence à une opacification du cristallin, la "lentille" qui se trouve derrière l'iris, et s'avère l'une des causes les plus fréquentes de cécité dans les pays industrialisés (et la première en absolu dans les pays en voie de développement). Dans la majorité des cas, elle est liée à un processus normal de vieillissement, mais peut être traitée par chirurgie avec d'excellents résultats.


Epidémiologie : L'opacification du cristallin (perte de transparence) est un phénomène lié au vieillissement, entre autres, et chez 5-10% de la population de plus de 70 ans, une intervention chirurgicale est nécessaire.


Mécanisme physiopathologique : avec l'âge, le contenu en eau du cristallin diminue et des protéines et des sucres s'accumulent, ce qui va provoquer une baisse de sa transparence et des troubles de la vision chez le patient. Dans la majeure partie des cas, la cataracte est liée au vieillissement, mais d'autres causes existent : la prise de corticoïdes, la dialyse, certaines dystrophies musculaires et des maladies métaboliques (Galactosémie, maladie de Fabry)... de plus, certains facteurs comme le diabète interviennent dans l'atteinte du cristallin. D'autre part, des bébés peuvent naître avec une cataracte (congénitale), liée à un caractère héréditaire ou une infection in utero (rubéole, oreillons...).




Symptômes cliniques : Le patient atteint de cataracte va se plaindre d'une baisse progressive de sa vision qui va devenir floue. De plus, selon la localisation de l'opacité cristallinienne, la personne aura de la peine à voir de près (lecture) ou de loin (télévision). A noter que la cataracte est à différencier de l'hypermétropie et de la myopie, et aussi de la presbytie (difficulté d'accomodation liée à l'âge) lors de laquelle le patient va tendre les bras pour lire son journal...

Prise en charge et traitement : Un contrôle régulier chez un ophtalmologue est souhaité afin que ce dernier puisse objectiver la cause d'un changement progressif de la vision. Si la baisse de l'acuité visuelle devient gênante pour le patient, on peut songer à une intervention chirurgicale qui se fait généralement en ambulatoire ou éventuellement avec une brève hospitalisation.

L'opération, qui est la plus pratiquée par les chirurgiens ophtalmologues, dure environ 30 minutes et se révèle totalement indolore puisqu'on met des gouttes anesthésiantes dans les yeux du patient, qui ne subit donc généralement pas d'anesthésie générale (sauf s'il s'agit d'un enfant ou si le patient ne peut tenir en place). Le cristallin est enlevé et remplacé par un implant.

Parmi les complications, on citera l'apparition d'une cataracte secondaire dans 20% des cas (après 5 ans) par prolifération d'un tissu fibreux qui peut cependant être complètement ôté par un traitement laser, rapide et indolore également.

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Mardi 14 mars 2006 2 14 /03 /2006 00:00

Le terme "otite" traduit une inflammation de l'oreille qui peut siéger à différents niveaux. L'otite la plus fréquente se situe au niveau de l'oreille moyenne et il s'agit d'une affection bénigne et fréquente causée par une infection bactérienne, mais qui peut avoir des complications sérieuses si elle n'est pas prise en charge à temps.

Epidémiologie : l'otite moyenne aiguë est très fréquente, puisque 90% des enfants ont déjà vécu un tel épisode avant l'âge scolaire. elle peut également toucher l'adulte, mais moins souvent.

Mécanismes physiopathologiques : L'otite moyenne est une surinfection bactérienne conséquence d'une infection virale des voies respiratoires supérieures (pharynx le plus souvent) qui va provoquer une inflammation et une obstruction dans la région. Les organismes bactériens impliqués dans la majorité des cas portent les doux noms de Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae et Moraxella catarrhalis.

Symptômes cliniques : une otite se manifeste typiquement par des douleurs au niveau de l'oreille atteinte, augmentées la nuit, avec une diminution de l'audition et de la fièvre. Chez l'enfant, on remarquera volontiers des douleurs abdominales.

Traitement : il repose sur un antibiotique (exemple Amoxicilline et acide clavulanique), mais aussi sur des anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou des fébrifuges pour traiter la fièvre et la douleur. On peut éventuellement associer des gouttes nasales pour décongestionner le nez mais l'efficacité n'a pas réellement été démontrée. Si le traitement n'apporte pas d'amélioration dans les 48h, il faudra effectuer une incision au niveau du tympan pour drainer l'écoulement purulent (paracentèse).

Complications : si l'otite n'est pas prise en charge rapidement, on peut s'attendre à des complications fâcheuses comme un abcès au niveau de l'os mastoïde (mastoïdite aiguë, derrière l'oreille), mais aussi un abcès intracérébral, une infection des méninges (méningite) et même une paralysie du visage.

 

Par Systole - Publié dans : Maladies ORL
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Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /2006 00:00
La Maladie de Parkinson est une pathologie du système nerveux dont on a beaucoup parlé ces dernières années, ceci surtout en raison de la prévalence élevée de cette maladie, mais aussi pour les progrès de la recherche médicale qui, si elle n'a pas encore trouvé de traitement curatif, a mis au point de nombreux médicaments pour tenter de freiner l'évolution de la maladie. Cette pathologie atteint les individus entre 40 et 70 ans, généralement, et se caractérise par une diminution d'un neurotransmetteur (la Dopamine) au niveau de certaines régions du cerveau. Ceci va provoquer chez le patient une rigidité (hypertonie), une diminution des mouvements et un tremblement.

Epidémiologie : La maladie de Parkinson représente la deuxième cause de handicap fonctionnel chez la personne âgée dans les pays industrialisés, ceci après l'accident vasculaire cérébral ("attaque cérébrale"). Une personne sur 700 est touchée par la maladie de Parkinson dans la population européenne.

Mécanismes physiopathologiques : on sait que les symptômes typiques de la Maladie de Parkinson sont dus à la disparition progressive et irréversible de certaines cellules nerveuses (dans la substance noire principalement) qui produisent un neurotransmetteur : La Dopamine. Ce messager chimique permet l'élaboration et le contrôle du mouvement. On comprend bien que si la Dopamine ne peut être synthétisée à ce niveau, on aura des troubles du mouvement chez un patient parkinsonien.

Symptômes cliniques : la dégénérescence de la substance noire va provoquer 3 symptômes particuliers : La Triade Parkinsonienne, caractérisée par une rigidité du corps (hypertonie), une diminution des mouvements volontaires, autant en amplitude qu'en fréquence (akinésie) et un tremblement à l'état de repos (typiquement au niveau des extrémités). Ainsi, le patient atteint de la maladie de Parkinson aura une attitude assez particulière avec un visage peu expressif, un aspect ralenti et une démarche caractéristique (petits pas, penché en avant). A noter que ces trois symptômes ne sont pas forcément tous présents.

Traitement : Il n'existe pour l'instant aucun traitement en mesure de guérir la maladie. Tout au plus, des médicaments qui pourront freiner son évolution : des produits qui vont viser un "approvisionnement depuis l'extérieur" de Dopamine (L-Dopa, agonistes dopaminergiques, substances diminuant le turn-over de la Dopamine) ainsi que des Anticholinergiques qui vont diminuer le tremblement si besoin. Des interventions chirurgicales visant à implanter un "stimulateur" sont possibles dans certains cas.

Il existe souvent une dépression associée chez le patient parkinsonien et il n'est pas rare qu'on retrouve également une démence, qu'elle soit directement liée à la Maladie de Parkinson ou due à une autre maladie (Alzheimer par exemple).
Par Systole - Publié dans : Maladies du système nerveux
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