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Je m'appelle Systole, jeune médecin suisse. J'ai décidé de créer ce site afin que vous puissiez trouver des informations claires et simples sur les maladies qui peuvent affecter notre santé. Par souci de compréhension, le vocabulaire médical sera évité le plus possible et nous traiterons des pathologies fréquentes et importantes que l'on peut retrouver dans la vie de tous les jours.

Pour toute précision ou remarque, il existe une fonction "commentaire" au bas de chaque article et je me ferai un plaisir de vous répondre.
Merci

Systole


Samedi 30 décembre 2006

Cette maladie neurologique mystérieuse décrite par trois médecins français (Guillain, Barré et Strohl) en 1916 se définit par une atteinte inflammatoire des racines nerveuses et des nerfs dont l'origine, peu claire, serait immuno-allergique.


Epidémiologie : la maladie de Guillain-Barré (GB) survient chez environ 1-2 personnes sur 100'000 chaque année ; dans plus de la moitié des cas, une infection virale banale ou plus rarement un vaccin sont intervenus les semaines précédentes.

Physiopathologie : le GB consiste en une perte de la gaine de myéline (démyélinisation) qui entoure les nerfs, responsables de la conduction des informations (mouvement, sensibilité, douleur...) ainsi qu'une inflammation se manifestant par la présence de protéines en grande quantité dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) qui circule dans le cerveau et la moelle épinière.

Symptômes : d'une manière typique, les symptômes vont débuter par des sensations anormales (paresthésies) sous forme de picotements, suivis par un déficit moteur (l'impossibilité de mouvoir un membre) qui touchera généralement d'abord les jambes, puis éventuellement les bras, le tronc et enfin les muscles respiratoires et ceux de la face. On comprend aisément que la paralysie des muscles respiratoires est sérieuse puisqu'elle peut provoquer une insuffisance respiratoire, raison pour laquelle le syndrome de GB est une urgence. L'atteinte des nerfs crâniens implique des troubles de la déglutition, une paralysie du visage et plus rarement des mouvements des yeux. Outre les troubles moteurs, on pourra noter des douleurs à la pression des muscles, mais aussi une atteinte du système nerveux végétatif (rythme cardiaque, tension artérielle, transpiration...). L'évolution se fait en trois stades : l'extension des symptômes (1-4 semaines), leur stabilisation (1-3 semaines) et la phase de récupération (quelques semaines voire plusieurs mois).

Diagnostic : en raison de la prévalence plutôt rare du syndrome de GB, de nombreux médecins sont démunis face à cette maladie mal connue, d'autant plus que la variabilité est très importante d'un individu à l'autre. Pour certains patients, elle pourra presque passer inaperçue (léger troubles de la sensibilité, faiblesse), tandis qu'elle aura une évolution plus sévère et menaçant la vie pour d'autres personnes. Outre l'histoire du patient et un examen clinique neurologique qui mettront en évidence les symptômes précités, ainsi que des réflexes tendineux généralement faibles, on pratiquera une ponction lombaire qui consiste à insérer un trocard (aiguille) dans l'espace sous-dural afin de recueillir du LCR et l'analyser. Dans le syndrome de GB, on trouvera typiquement une concentration importante de protéines et peu de cellules inflammatoires (la « dissociation albumino-cytologique »). A noter cependant que ces résultats ne sont souvent positifs que quelques jours après le début des symptômes. Un autre examen utile sera l'électroneuromyogramme (ENMG) qui sert à étudier la conduction des nerfs et l'état des muscles et qui montrera dans un GB une atteinte de la myéline, la gaine isolante des nerfs. Il s'agira de plus d'éliminer d'autres causes de neuropathies (médicaments, infections comme la polio...).

Traitement et pronostic : l'évolution des symptômes pouvant être rapide et compromettre la survie du patient, une hospitalisation dans une unité spécialisée sera recommandée (neurologie ou soins intensifs), ceci afin de surveiller l'intégrité du système respiratoire, de la déglutition et l'avancement du déficit moteur. En effet, si le patient ne peut plus contrôler sa respiration, une intubation sera nécessaire. La mortalité dans un centre spécialisé est inférieure à 5%. Au niveau du traitement à proprement parler, on préconisera les plasmaphérèses (prélévement du plasma sanguin) afin d'éliminer les anticorps qui attaquent les nerfs. L'injection de gammaglobulines (anticorps) spéciales a été démontrée comme tout aussi efficace.

Pour ce qui est du pronostic, on peut remarquer que ~80% des patients récupéreront totalement de leur déficit, ~10% auront des séquelles modérées et ~5% auront un déficit moteur invalidant.

Mercredi 29 novembre 2006

La maladie de Sjögren se définit par une inflammation des glandes lacrymales et des glandes salivaires, ce qui va induire une sécheresse des yeux et de la bouche. Il existe deux formes principales : l'une associée à une maladie rhumatologique (Sjögren secondaire) et l'autre sans cause sous-jacente (Sjögren primaire)

 
 


 

Epidémiologie et physiopathologie : le syndrome de Sjögren représente une pathologie relativement fréquente qu'on retrouve dix fois plus souvent chez les patients de sexe féminin. Etant donné son association avec des pathologies rhumatologiques, des anticorps spécifiques tels que le HLA-DR2 ou HLA-DR3 sont parfois retrouvés. En effet, des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou d'autres maladies qui impliquent le collagène (une protéine essentielle dans la structure des os et des muscles, entre autres) ont parfois un syndrome de Sjögren. Les personnes avec une hépatite C ou une cirrhose biliaire primitive peuvent également souffrir d'un Sjögren.

 


 

Symptômes : l'inflammation à long terme des glandes lacrymales (qui produisent les larmes) et des glandes salivaires va provoquer une sécheresse des yeux (xérophtalmie) et de la bouche (xérostomie). Le patient ressent une sensation de brûlure ou a l'impression d'avoir un corps étranger dans l'oeil. Des ulcérations de la cornée, c'est-à-dire une brêche de la surface de l'oeil, sont une complication possible étant donné que le film lacrymal n'est plus produit en quantité suffisante pour protéger l'oeil. On recherchera également une maladie rhumatologique, auquel le syndrome de Sjögren est souvent associé, ainsi qu'une tendance aux allergies. A noter que le développement d'un lymphome malin (tumeur originaire des ganglions lymphatiques) est la complication la plus redoutée et qu'elle survient dans 6% des cas de Sjögren.

 


 

Diagnostic et traitement : les plaintes du patient, associées à un examen minutieux par un ophtalmologue mettront en évidence une inflammation chronique de la cornée (kératite). On effectuera un test de Schirmer, qui permet de mesurer en quelques minutes la production des larmes, insuffisante dans le syndrome de Sjögren. Des examens de laboratoire seront demandés.

 

Le traitement vise principalement à soulager les symptômes du patient : collyres pour humidifier les yeux, pâte à mâcher pour stimuler la production de salive. Des mesures simples telles qu'une bonne hydratation et la protection des yeux avec des lunettes, notamment lors de fort vent, sont également utiles. Certains médicaments tels que la Bromhexine ou la pilocarpine peuvent s'avérer efficaces pour augmenter la production salivaire et lacrymale. Enfin, dans les cas de Sjögren secondaire, il s'agira bien entendu de prendre en charge la pathologie rhumatologique du patient.


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