Mardi 25 avril 2006
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L'Epilepsie demeure pour le grand public une maladie très mystérieuse et dont on ne parle pas facilement. Les patients souffrant de cette pathologie bénéficient d'un traitement médicamenteux qui parvient dans 80% des cas à diminuer ou arrêter complètement les crises ; néanmoins le caractère stigmatisant de l'épilepsie fait que les personnes malades cachent bien souvent leur maladie
Epidémiologie : l'épilepsie est l'une des maladies neurologiques les plus fréquentes, puisqu'elle atteint environ 1-2% de la population, ce qui fait que l'on connait probablement tous, en le sachant ou non, une personne atteinte de cette pathologie. Notons que de nombreux personnages dans l'histoire ont souffert d'épilepsie avérée ou supposée : l'écrivain Dostoïevski, mais peut-être aussi César ou Napoléon.
Mécanismes physiopathologiques : Un patient épileptique est la plupart du temps une personne comme une autre, à la différence qu'en certaines occasions, il existe une décharge importante au niveau de certaines de ses cellules nerveuses, ce qui va provoquer une crise d'épilepsie. On connait partiellement les mécanismes sous-jacents mais on sait que cette décharge électrique peut se limiter à une petite région du cerveau ou s'étendre à son entièreté, cela sous l'influence de stimuli comme l'hyperventilation, la privation de sommeil, une stimulation lumineuse particulière (jeux-vidéos) ou de nombreux autres phénomènes connus ou obscurs. Dans certains cas, l'épilepsie est secondaire à des lésions cérébrales (infections à la naissance, manque d'oxygène à l'accouchement, traumatisme...).
Symptômes cliniques : les symptômes d'un patient épileptique sont très divers, puisqu'ils dépendent de la localisation de la décharge des neurones. Par exemple, certains patients feront des crises avec un raidissement et des mouvements incontrôlés et rythmiques de leur corps ou une partie du corps en perdant momentanément connaissance (rupture de contact). C'est la crise tonico-clonique généralisée ou Grand Mal. D'autres auront des comportements moins impressionnants avec une absence de quelques secondes (regard fixe) : c'est l'absence (qu'on appelle aussi Petit Mal). Il existe tout un spectre de symptômes possibles, mais le plus simple serait de distinguer les crises partielles (qui n'impliquent pas la totalité du cerveau) et les crises généralisées. La crise dure généralement de quelques secondes à quelques minutes et à ce moment, le patient peut montrer d'autres signes tels qu'une perte d'urine ou une morsure latérale de la langue. Une fois la crise terminée, le patient prendra éventuellement quelques instants pour se "ressaisir" et être orienté. Lors d'une crise prolongée (>30 minutes) ou une série de crises successives, on se trouve face à l'Etat de Mal épileptique, et il est nécessaire d'appeler une ambulance ou une personne compétante en la matière (la famille doit être mise au courant de l'éventualité de cette situation) pour administrer un ou plusieurs médicaments au patient et en tout cas éviter de placer des objets (porte-monnaie...) dans la bouche du patient pour empêcher qu'il se morde la langue.
Traitement et prise en charge : le traitement contre l'épilepsie repose sur la prise de médicaments appelés Anti-épileptiques ou Anti-convulsivants, dont il existe de nombreux types qui seront pris quotidiennement, seuls ou en association dans les cas plus difficiles à contrôler: Carbamazépine, Phénytoïne, Acide Valproïque ou encore Lamotrigine. Dans les cas d'absence, on utilisera de l'Ethosuximide. Ce traitement peut s'avérer difficile à suivre pour certains patients qui ne se considèrent pas malades ou qui sont gênés par certains effets secondaires éventuels (perte de cheveux, problèmes de foie...). Une hygiène de vie irréprochable se révèle une autre mesure tout aussi importante dans la prise en charge : un sommeil régulier, l'évitement de stress ou de certaines substances comme l'alcool. Chez une partie des patients qui subissent des crises nombreuses ou particulièrement invalidantes, on pourra recourir à un traitement chirurgical qui permettra d'enlever la région précise d'où débute la crise (le foyer épileptogène) après avoir pratiqué un Electro-Encéphalogramme (EEG) pour déterminer cette région du cerveau. Notons que l'EEG, qui consiste à enregistrer l'activité électrique du cerveau, se pratique en plaçant des électrodes sur le crâne du patient, et qu'il s'agit d'un examen primordial pour le diagnostic de la maladie, car l'épilepsie peut ressembler à de nombreuses autres pathologies.
Enfin, dans le cas de crises particulièrement sévères ou allongées, on administrera des anti-épileptiques ou des Benzodiazépines pour calmer la crise du patient.
Un point important concerne l'image que l'on peut avoir d'un patient épileptique : il est essentiel de garder à l'esprit qu'il s'agit d'une maladie de système neurologique et non pas psychiatrique. Les patients épileptiques ne sont pas "fous" ou "bizarres", malgré ce que l'on peut croire. Ce sont des individus qui en dehors de ces crises incontrôlables, se comportent comme des personnes normales et possèdent souvent un quotien intellectuel dans la norme. Mais il est clair que c'est maladie qui peut être difficile à vivre, par le caractère imprévu des crises et la stigmatisation sociale dont ces personnes sont victimes.
merci doc!!
Pour ce qui est du médicament de ta maman, il s'agit en effet d'un anti-épileptique qui est donné pour d'autres indications, notamment les douleurs "neurogènes", celles dues à des lésions des nerfs (typiquement justement les extractions dentaires, les douleurs qui persistent après un zona...) De nombreux médicaments appartiennent à une classe donnée mais sont administrés pour de nombreuses maladies qui n'ont parfois "rien" à voir.
Ciao
Comme quand on utilise des médicament pour normalement des ulcères gastriques pour les avortement thérapeutique !
Bises Sys, merci pour ces informations
Bool
A+
depuis maintenant 26 ans
je n ai jamais cache mon mal mais j ai pu constate que beaucoup de personne en effait cachait leur maladie je n en ai pas honte mais il est vrai que mon traitement me convient tres bien (valproate de sodium) je fait partie de ceux qui on des grande crise avec perte d urine langue mordue ect....
vous qui lisez ca cette maladie est peu etre spectaculaire mais pas contagieuse alors ne fuyez pas les personne atteinte et vous qui en etes atteint n ayez pas honte c est nous qui sommes malade c est deja suffisament lourd non?
nous ne nous souvenons pas de nos crises c est nous les moin gener lol
le plus dur c est le faites que l on est dans le coltard quand on emerge
Personnellement, j'ai essayé pas mal de médicaments (au moins 5) et je subis, en ce moment même un protocole ( assez contreignant) permettant l'implantation sur le marché d'un nouveau médicament (enfin, nouveau pour nous pas pour les japonais ou américains) appelé Zonegran. Nous sommes environ 150 à le suivre en France.
Mais j'en reparlerais dans mon blog, je ferais un article spécialement dédié à ce médicament.
J'ai entendu parler du Zonegran lors de mon stage de deux mois en neurologie par le spécialiste en épileptologie de Genève. Effectivement, ce n'est pas un médicament tout neuf mais son introduction permettra vraisemblablement d'aider des patients réfractaires aux autres traitements médicamenteux, notamment grâce à son action sur plusieurs canaux ioniques.
A bientôt