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Jeudi 20 avril 2006 4 20 04 2006 00:00
La Maladie de Ménière se caractérise par des crises durant lesquelles le patient ressent des vertiges intenses et incontrôlables, avec éventuellement des troubles auditifs, des nausées et des vomissements. Décrite depuis plus de cent ans, ses causes ne sont encore que partiellement claires.

Mécanismes physiopathologiques et symptômes : l'oreille interne est formée de deux composants majeurs, la cochlée ou colimaçon qui sera utile pour le traitement des ondes sonores en stimuli électriques (audition) et les canaux semi-circulaires (équilibre), contenant un liquide qui va se mouvoir en fonction des mouvements de la tête. Dans la maladie de Ménière, une perturbation au niveau du liquide (hydrops endolymphatique) va provoquer des crises de quelques heures qui vont se caractériser par des vertiges intenses, soit la sensation que les objets tournent autour de soi, ce qui va causer des nausées et des vomissements. De plus, les patients ressentiront souvent un déficit de l'audition et des acouphènes (sons désagréables perçus sans stimulation réelle). La fréquence des crises s'avère très variable selon les patients (une par année... une par semaine...), ce qui plonge la personne dans un état d'abattement dans la mesure où les crises sont imprévisibles.

De plus, avec la répétition des crises, l'audition va récupérer de moins en moins bien et chez certains patients, on notera un déséquilibre permanent.

Traitement : la prise en charge d'un patient avec une maladie de Ménière avérée (plus de deux crises d'au moins vingt minutes avec troubles typiques de l'équilibre et de l'audition) sera de prime abord médicamenteuse. On utilisera des antagonistes de l'histamine comme le métoclopramide pour diminuer les vomissements et les nausées. A titre préventif, et ce afin de diminuer le risque d'une nouvelle crise, le patient prendra quotidiennement des médicaments comme le dichlorydrate de bétahistine ou encore la flunazirine. La mise en place d'un aérateur à travers le tympan a montré être très efficace également.

Lorsque les médicaments ne parviennent pas à diminuer ou stopper les "crises", on songera à des interventions chirurgicales diverses (sacculotomie, neurectomie vestibulaire) qui sont très efficaces mais qui impliquent un risque de surdité non négligeable (environ 15%).

Une prise en charge psychologique s'avèrera importante pour ces patients qui se sentent souvent incompris, anxieux à l'idée de sortir, de peur de subir une nouvelle crise et d'être pris pour des alcooliques par des passants (vertiges, vomissements...).
Par Systole - Publié dans : Maladies ORL
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