Mercredi 12 avril 2006
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La Schizophrénie est un trouble psychiatrique relativement fréquent, obscur et souvent mal perçu par le public. Il se traduit par la présence chez le patient d'idées délirantes, de troubles de la perception sensorielle (hallucinations), d'un comportement désorganisé et d'une affectivité anormale, ce qui va résulter en des difficultés à interagir avec son entourage et la société, et ce de manière chronique.Epidémiologie : on estime à environ 1% la prévalence de personnes qui peuvent être atteints de schizophrénie durant leur vie. Il n'y a pas de différence statistique entre les hommes et les femmes, mais les patients issus de classes sociales plus défavorisées semblent plus vulnérables. On remarquera que la maladie débute le plus souvent entre 15 et 35 ans.Mécanismes physiopathologiques : de nombreuses hypothèses ont été formulées pour tenter d'expliquer la survenue de la schizophrénie chez un patient, mais aucune ne semble unanime, ce qui nous oriente vers des causes multiples : une prédisposition génétique, une activité cérébrale anormale, notamment au niveau de plusieurs "messagers chimiques" (neurotransmetteurs) comme la Dopamine et la Noradrénaline. Le modèle appelé "stress-diathèse" est souvent utilisé pour illustrer l'apparition de la maladie : un terrain personnel qui prédispose le patient à développer la maladie, puis un stress important qui la déclanche (séparation, drogue, traumatisme émotionnel). L'environnement (famille, relation) joue sans doute un rôle important, notamment dans le cas d'une personne déjà schizophrène dans notre famille.Symptômes et classification : on a souvent l'habitude de classer les différents symptômes qui caractérisent la Schizophrénie comme symptômes dits "positifs" et "négatifs".
Symptômes positifs :
- Idées délirantes : le patient se construit une réalité différente, ce qui résulte en des idées fausses de persécution, grandeur, pensée mystique (le patient pense être un messager de Dieu par exemple)...
- Hallucinations : le patient perçoit des stimulations sensorielles qui n'existent pas réellement. Elles peuvent toucher tous les sens, mais sont le plus souvent auditives (voix menaçantes, ordres)
- Discours désorganisé : le patient présente, en dehors du contenu anormal de son discours (idées délirantes), un trouble de l'expression de sa pensée (passe du coq à l'âne, incohérent...)
Symptômes négatifs :
- Affect anormal (tonalité des émotions par rapport à l'entourage) : diminution de son intensité (émoussement), labilité émotionnelle...- Perte de volonté et de plaisirNB : Ces symptômes seront associés à une difficulté à distinguer les limites du Moi, à un comportement psychomoteur altéré (agitation ou apathie), à des troubles de l'attention...Pour faire un diagnostic de Schizophrénie, un certain nombre des symptômes cités ici doivent être présents pendant au moins 6 mois et ne pas être reliés à une maladie organique (démence, infection, prise de médicaments ou de substances). Ceci nous amène à discuter du caractère chronique de la Schizophrénie, qui va se présenter classiquement sous la forme d'une détérioration progressive entrecoupée de périodes de "crises" et d'accalmies (rémissions). En général, les symptômes "positifs" (idées délirantes, hallucinations) vont diminuer avec les années tandis que les symptômes "négatifs" (isolement, perte de motivation) auront tendence à perdurer.Traitement et prise en charge : un patient schizophrène nécessitera un traitement basé sur une approche multiple. Des médicaments seront pris de manière chronique pour diminuer les risques de rechute qui sont importants. Pour cela, on utilisera des Antipsychotiques (ou Neuroleptiques) comme l'Halopéridol ou la Chlorpromazine, qui peuvent cependant avoir des effets secondaires gênants à long terme (troubles du contrôle du mouvement comparables à ceux de la maladie de Parkinson). Une nouvelle génération de médicaments antipsychotiques comme le Rispéridone ou l'Olanzapine ont permis de diminuer ces effets secondaires. Outre ces comprimés, le patient suivra une psychothérapie comportementale ou de groupe pour pouvoir mieux gérer son quotidien et son anxiété, car il faut noter que le risque de suicide est très important chez ces patients (50% feront au moins une tentative de suicide et 10% en mourront effectivement).
Quelques mots enfin sur la prise en charge à long terme, qui comprend des activités dans des ateliers protégés ainsi qu'une aide pour l'hébergement. Afin d'éviter des rechutes, le patient ainsi que ses proches doivent être mis au courant des signes avant-coureurs d'une nouvelle "crise", qui peut se manifester par une attitude perplexe, un état dépressif ou une sensation de terreur, notamment.
NB : à la lumière de ces explications, on comprend que la schizophrénie est à distinguer catégoriquement de la "personnalité multiple" auquel le public l'associe parfois, mais qui entre dans le cadre des troubles dissociatifs, nettement plus rares.
Par Systole
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Publié dans : Troubles psychiatriques
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J'espère que ces éclaircissements auront été utiles et désolé si je me suis mal exprimé dans l'article.
Il s'agit d'un blog médical adressé à un public large, mais néanmoins il doit se baser sur des arguments "objectifs" et scientifiques et les modèles que j'ai énoncé sont ce qu'on retrouve chez ces patients. Arrête-moi si je me trompe, mais je ne pense pas qu'on sache grand chose de plus au sujet des causes de la schizophrénie, si ce n'est certains spécialistes. Le cadre familial est évidemment très important, tu as raison, j'aurais dû insister dessus, mais il faut dire que tout le monde ne réagit pas de manière identique aux mêmes agressions externes... je ne peux pas écrire que quelqu'un devient schizophrène parce que sa famille a des "injonctions contradictoires et tout le tralala".
Bref, envoie-moi un autre commentaire si jamais, je serais sincèrement heureux de pouvoir débattre de cela ;-)
Ciao
y a pas vraiment de quoi débattre c'est clair qu'il n'y a pas de causes vraiment évidentes...les troubles cérébraux on ne sait pas si c'est une conséquence ou une cause..rien n'est très explicite la dessus!! Quand au cadre familiale il est clair que personne ne réagit pareil à un environnement défaillant mais ça fait partie des choses que l'on retrouve chez des schyzo...c'est aps systèmatique mais ça a qd même une grande prévalence.
J'ai juste trouvé que pour une maladie psy c'était quand même assez aseptisé comme article mais c'est vrai que c'est un blog médical et qui se veut ouvert à tous public! Je comprend donc parfaitement tes choix...Les symptomes, les critères diagnostique du DSM, les prises en charge tout y est....après c'est vrai que le charabia psy ça peut être un peu compliqué et pas très médical mais bon jtrouvais ça un peu dommage!
A d'ailleurs j'ai co-animé un groupe de relaxation qui s'adressait à des schizophrènes c'était super interessant!
Etre en contact avec eux, c'est vraiment flippant mais c'est qd même super enrichissant!
Voilà hihi !!
Ciao
Merci pour cet article très intéressant Sys, et bonnes fêtes de Pâques !
Bises, Bool
Je ne sais pas s'il y a des approches et d'autres mauvaises, mais il est clair que je vais parler de ce que je sais, donc plutôt le côté purement médical. Ces prochains jours, pas mal d'articles psy (dépression, TOC, troubles des conduites alimentaires) so stay online, d'autant plus que tu es en plein dedans ;-)
A+
Carmen Molina
c'est un bon article ;
je suis moi même schizophrène ;
je crois que vous oubliez la dimension du handicap ;
vous pourriez ajouter dans "traitement et prise en charge" : les schizophrènes pour se réinsérer ont généralement besoin d'être pris en charge par les structures destinées aux handicapés pour leur hébergement ou leur emploi ; ils doivent aussi se soumettre à une discipline de vie exigeante pour limiter les stress et accepter de vivre d'une manière moins ambitieuse qu'avant leur maladie
voila
Salut
Je suis tout à fait d'accord avec cela et je suis effaré de voir que je n'ai pas traité cet aspect... Erreur corrigée de suite!
Merci
et pour la correction
bonne continuation
Salut