Lundi 24 avril 2006
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La Dépression est le trouble de l'humeur le plus fréquent observé dans la population. Il se caractérise par un sentiment de vide et de tristesse récurrent, une perte de plaisir dans les activités et d'autres signes. Malgré les traitements par psychothérapie et les anti-dépresseurs, il s'agit d'un véritable problème de société.
Epidémiologie : on pense qu'environ 5% de la population européenne souffre d'un trouble dépressif majeur au cours de sa vie. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes et cette épisode survient souvent à l'adolescence et vers 40 ans, même si la dépression chez la personne âgée est sous-estimée.
Mécanismes physiopathologiques : on a pu démontrer qu'il existait un problème de régulation au niveau biologique : certains neurotransmetteurs (messagers chimiques des neurones) et surtout leurs produits de dégradation (métabolites) sont présents à des taux anormaux dans le corps du patient. Ceci est à la base du traitement par anti-dépresseurs qui va tenter de contrecarrer ces dysrégulations. Au niveau analytique, on pense que la perte symbolique ou réelle d'une personne aimée sera perçue par le patient comme un rejet, ce qui va s'exprimer par un sentiment de culpabilité. De plus, on notera souvent chez un patient dépressif une vision négative de soi, de ses expériences passées et du futur (triade de Beck).
Symptômes dépressifs et évolution : la dépression se traduit par une baisse de l'humeur, dont le terme doit être pris comme la "tonalité fondamentale" que ressent un patient face à lui-même et son environnement. De plus, on remarquera une baisse marquée du plaisir à faire des activités qui étaient appréciées auparavant. Des changements de poids (perte ou gain) et des troubles du sommeil persistants font également partie du tableau, de même qu'une fatigue chronique et un sentiment de dévalorisation (le patient se sent inutile, coupable). Une personne dépressive ressentira également une agitation ou au contraire un ralentissement psychomoteur associé éventuellement à des difficultés de concentration. Tous ces symptômes vont provoquer des difficultés à "fonctionner" dans la vie de tous les jours.
Un épisode dépressif doit durer au moins deux semaines pour être défini comme tel, mais il dure en moyenne 10 mois. Près de la moitié des patients dépressifs ont pensé au suicide et 15% feront une tentative, ce qui motive d'autant plus une prise en charge pour ces personnes. Ajoutons que plus de deux-tiers des patients ayant vécu un épisode dépressif en referont un autre dans leur vie, mais que la guérison à long terme est possible pour 80%.
Citons rapidement certaines formes particulières comme la dépression chronique (plus de 2 ans) ou encore la dépression saisonnière (qui survient par exemple uniquement en hiver).
Traitement et prise en charge : les médicaments sont quasiment toujours indiqués dans le traitement d'une dépression. On utilisera des anti-dépresseurs, dont il existe deux classes principales : les "classiques" (antidepresseurs tricycliques comme l'Amitryptiline et la Clomipramine) et les nouveaux anti-dépresseurs (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, entre autres, comme le Citalopram et la Sertraline) qui présentent l'avantage d'être tout aussi efficaces que les antidépresseurs tricycliques mais d'induire moins d'effets secondaires.
Une psychothérapie sera souvent proposée pour le patient, afin de travailler sur la vision négative du patient, une adaptation comportementale dans les situations difficiles et des thérapies de groupe, selon le choix du patient.
Par Systole
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Publié dans : Troubles psychiatriques
27
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Et elle devrait l'être systématiquement!
J'ai été dépressive pendant 3 ans, et il y a toujours quelques restes, mais plus que les anti dépressseurs ou les anxio ( que je garde en aide ponctuelle ), c'est de mettre le doigt sur les conflits internes qui me rongeaient...
Quel dommage qu'il y ait ce manque de communication entre la psychiatrie et la psychologie....
Merci pour cet article !
Tu as probablement raison également pour ce qui est de la "susceptibilité" de chacun à avoir une dépression. Des facteurs divers y contribuent (personnalité, caractère, aide de l'entourage, facteurs génétiques?)
Et enfin, comme dit dans l'article, la dépression peut être chronique, tout à fait.
A+ Laura et merci pour ces questions très pertinentes
La dépression, rien que le mot fait peur... Un état proche de la mort je dirais. J'ai connu des épisodes dépressifs dans ma vie, et on n'a qu'une envie, se cacher sous une couette et s'endormir jusqu'à ce que ça passe... Chez moi par chance ça ne dure jamais longtemps, ce sont en général des pointes de spleen qui s'emparent de moi, toujours liées à un évènement extérieur indépendant de ma volonté.
Bref, j'ai pris du prozac et autres médocs du type, et je n'en veux plus car les effets secondaires me sont trop désagréables :
1- Je déborde d'enthousiasme et j'ai envie de rappeler des gens que je n'ai pas vu depuis des siècles et qui n'ont aucun intérêt pour moi en réalité ;
2- Je mets 3 h à atteindre l'orgasme (excuse le langage mais c'est vrai !!!!) et ça, ça me plombe, déjà que je ne suis pas une rapide-rapide !!!! lol
Sincèrement ce sont les deux points qui me freinent. Je préfère de loin, lorsque je sens une petite angoisse venir prendre un demi médoc type xanax de temps en temps...
BISOU DOC !
Pour ce qui est des petites angoisses, c'est une autre affaire, cependant, et les anxiolytiques sont clairement davantage indiqués, mais attention!
La dernière dépression que j'ai faites remonte en fin d'anée 2005 suite à deux décès ... Je ne mangeais plus rien , plus envie de sortir , je pleurais du soir au matin et mon caractère étais assez agressif envers mon entourage. La aussi j'ai préférée aller voir une psy que de prendre des médicaments et j'avoue que là encore celà m'a fait un bien fou et depuis tout va très bien , je pensse que de parler c'est mieux que de prendre des médicaments auquel on peut devenir accros.
Bravo pour cet article , car de plus en plus de gens deviennent ou sont dépressifs .
A+ et merci encore
Je pensse qu'aujourd'hui , les médicaments ou traitements ont bien évolués et qu'ils sont mieux adaptés aux diverses formes de dépressions .
Bises Systole à bientôt .
vraiment très bien cet article
tu savais que le traitement par éléctrochocs était de plsu en plus à la mode en cas de forme sévère et grave....c'est dingue mais il paraît que c'est très efficace!!
Oui, les électrochocs, c'est plutôt pour les formes réfractaires aux autres traitements. Pas très marrant et ça laisse quelques séquelles, notamment au niveau de la mémoire. Je ne voulais pas effrayer les lecteurs! :-D
ou dans les pathologies vraiment lourdes ? C'est pour ramener les gens sur terre ?
bizz
Aurélie, une spécialiste de la thérapie électro-convulsive? ;-)
tu es le coups de coeur de ma semaine sur mon blog
bisouss
caro
Bises Sys, Bool
A+ Bool! Merci!
un p'tit électrochoc pour vous mettre en forme doc ?
bizz
Merci Salwa
Comme Salwa pose la question, j'imagine qu'on ne peut effectivement se sortir "seul" de la dépression. A mon sens c'est "le" mal par excellence qui demande à être pris par la main. Que ce soit une main amie ou amoureuse, si c'est son absence qui est à l'origine de la dépression, sinon la main du psy ou du toubib avec lequel on se sent vraiment en confiance.
Je pense que seule, une personne aura tendance à se laisser mourir de chagrin ou carrément se suicider en cas de dépression profonde.
Lorque l'on est malheureux, à mon sens, il est absolument nécessaire de se tourner vers quelqu'un pour ne pas se sentir seul ou inutile et retrouver le goût de la vie.
mais comme tu m'as repondu , je pense aussi que ca doit etre rare et au cas par cas
bisouilles
Je pense que c'est difficile de s'en sortir ainsi mais tout à fait possible! Néanmoins il ne s'agit pas uniquement d'une question de "soutien" dans le sens "on est avec toi", "tu vas t'en sortir"... il s'agit de trouver les "raisons" d'une telle dépression, poser les bonnes questions, j'allais dire... comprendre les mécanismes sous-jacents. Une aide extérieure est parfois également utile car on peut s'y confier différemment qu'à un membre de la famille.
A+ Sili
Ne sommes nous pas tous dépressifs quelque part dans ce magnifique bijou de cette nature qu'est le cerveau ?
Bises
sara
Ce qui est intéressant avec la psychiatrie, c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'un recueil de symptômes "bizarres pour les fous", mais l'expression de tout être humain, par contre poussée à un extrême. Je me répète, mais nous avont tous parfois des symptômes de dépression, des traits obsessionnels, maniaques...
Merci pour ton commentaire, il pousse à la réflexion, comme d'habitude
Carmen molina
Ensuite, il serait dommage de parler de la dépression en disant qu'il s'agit d'un manque de force et qu'on se "laisse aller"... nous réagissons tous différemment à certaines peines, certaines frustrations et certains deuils. Pour exemple, on peut remarquer qu'une bonne partie des personnes ayant souffert d'une dépression n'auraient jamais cru cela. Ils disent qu'ils n'auraient jamais pensé devenir un jour dépressif et que désormais ils comprennent réellement ce que c'est, alors qu'ils avaient parfois des préjugés par rapport à cela.
Pour ce qui est de la prévalence de la dépression, qui semble prendre des proportions énormes ces dernières années, je dirais qu'il s'agit surtout de l'information véhiculée par les intervenants de la santé et les médias, qui parlent enfin de cette maladie auparavant "tabou". De plus, un dépistage plus fin a permis de découvrir une dépression chez davantage de gens, peut-être... de là à dire si les gens sont plus dépressifs désormais, c'est difficile.
Nous vivons certes dans une société qui bouge beaucoup, avec laquelle nous avons peu de repères, un stress considérable... mais je pense que la vie n'est pas forcément plus difficile qu'il y a 50 ans. Ce qui a beaucoup changé, c'est l'importance de l'entourage, qui jadis était prépondérant, alors que désormais, les gens sont souvent seuls.
Merci en tout cas de ton passage, Carole. A bientôt
Là pour le moment je tourne sous calmant qu'une personne de ma famille utilisait, ça me rends inerte (enfi pas trop heureusement), mais je deprime encore plus. et pourtant je suis a la bourre pour mon travail à rendre.
Sorry de m'etre egaré, et merci pour les courageu(ses)x qui m'ont lu(e)s. Courage a tous !
Ce que je te propose, c'est de voir un spécialiste ou du moins en parler avec ton médecin traitant qui pourra te prescrire des médicaments adaptés. Les anti-dépresseurs sont une possibilité de traitement, ils sont efficaces et bien tolérés. Prendre les "calmants" de quelqu'un d'autre de ta famille n'est pas forcément une bonne option. En même temps, je ne sais pas exactement de quel médicament il s'agit, mais si tu parles de calmants, ce sont sans doute des benzodiazépines de type anxiolytiques...
Merci du passage