La Dépression

Publié le par Systole

La Dépression est le trouble de l'humeur le plus fréquent observé dans la population. Il se caractérise par un sentiment de vide et de tristesse récurrent, une perte de plaisir dans les activités et d'autres signes. Malgré les traitements par psychothérapie et les anti-dépresseurs, il s'agit d'un véritable problème de société.


Epidémiologie : on pense qu'environ 5% de la population européenne souffre d'un trouble dépressif majeur au cours de sa vie. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes et cette épisode survient souvent à l'adolescence et vers 40 ans, même si la dépression chez la personne âgée est sous-estimée.


Mécanismes physiopathologiques : on a pu démontrer qu'il existait un problème de régulation au niveau biologique : certains neurotransmetteurs (messagers chimiques des neurones) et surtout leurs produits de dégradation (métabolites) sont présents à des taux anormaux dans le corps du patient. Ceci est à la base du traitement par anti-dépresseurs qui va tenter de contrecarrer ces dysrégulations. Au niveau analytique, on pense que la perte symbolique ou réelle d'une personne aimée sera perçue par le patient comme un rejet, ce qui va s'exprimer par un sentiment de culpabilité. De plus, on notera souvent chez un patient dépressif une vision négative de soi, de ses expériences passées et du futur (triade de Beck).


Symptômes dépressifs et évolution : la dépression se traduit par une baisse de l'humeur, dont le terme doit être pris comme la "tonalité fondamentale" que ressent un patient face à lui-même et son environnement. De plus, on remarquera une baisse marquée du plaisir à faire des activités qui étaient appréciées auparavant. Des changements de poids (perte ou gain) et des troubles du sommeil persistants font également partie du tableau, de même qu'une fatigue chronique et un sentiment de dévalorisation (le patient se sent inutile, coupable). Une personne dépressive ressentira également une agitation ou au contraire un ralentissement psychomoteur associé éventuellement à des difficultés de concentration. Tous ces symptômes vont provoquer des difficultés à "fonctionner" dans la vie de tous les jours.

Un épisode dépressif doit durer au moins deux semaines pour être défini comme tel, mais il dure en moyenne 10 mois. Près de la moitié des patients dépressifs ont pensé au suicide et 15% feront une tentative, ce qui motive d'autant plus une prise en charge pour ces personnes. Ajoutons que plus de deux-tiers des patients ayant vécu un épisode dépressif en referont un autre dans leur vie, mais que la guérison à long terme est possible pour 80%.

 Citons rapidement certaines formes particulières comme la dépression chronique (plus de 2 ans) ou encore la dépression saisonnière (qui survient par exemple uniquement en hiver).

Traitement et prise en charge : les médicaments sont quasiment toujours indiqués dans le traitement d'une dépression. On utilisera des anti-dépresseurs, dont il existe deux classes principales : les "classiques" (antidepresseurs tricycliques comme l'Amitryptiline et la Clomipramine) et les nouveaux anti-dépresseurs (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, entre autres, comme le Citalopram et la Sertraline) qui présentent l'avantage d'être tout aussi efficaces que les antidépresseurs tricycliques mais d'induire moins d'effets secondaires.

Une psychothérapie sera souvent proposée pour le patient, afin de travailler sur la vision négative du patient, une adaptation comportementale dans les situations difficiles et des thérapies de groupe, selon le choix du patient.

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Florent 28/12/2007 13:40

Bonjour !!!
Je m'appelle Florent et je suis souffre d'une dépression depuis longtemps, j'ai fait un blog pour évacuer mes peines, ma profonde tristesse et parfois même mon dégoût pour la vie. Je voudrais m'ensortir de cette maladie. Est ce que tu pourrais aller sur mon blog et me donner des conseils. J'écris des poèmes et des articles moi-même.

Je vais te laisser.
A bientôt j'espère.
Florent.

Framboisine 05/08/2007 18:43

merci pour ton article et les commentaires qui s'en suivent, surtout rappelle-toi qu'à un dépressif il est indispensable de proscrire le verbe FALLOIR
il faut vous secouer, il fai ut que tu sortes, il faut que tu te bouges!!!
que n'avons nous entendu, ns les dépressifs?
mais je me doute que cela , tu le sais et le pratiques, je parle pour l'entourage, essentiellement,les bons amis plein de bonne volonté pour aider, il FAUT qu'ils la ferment !
Merci systole, pour ton blog, EXTRA

Systole 05/08/2007 19:23

Coucou Framboisine! Je dirais qu'il ne faut pas forcément proscrire le terme "falloir", car plutôt que plaindre le patient dépressif, il faut le motiver à s'en sortir, quitte à parfois utiliser des paroles dures... mais dans ton idée, tu voulais surtout parler des commentaires moralisateurs de certains, et en cela, je ne peux qu'être d'accord avec toi!Merci du passage

benbenben 31/08/2006 16:29

Bonjour, je suis Ben, j'ai 27 ans, suis redevenu etudiant, et là suis en stage. Je suis retombee dans une depression si je peux dire, car je n'ai encore jamais "soigné". Malheureusement là c juste au moment du rapport a rendre et a presenté que je suis au plus mal. Malheureusement encore, je me reconnais dans les symptômes enoncés auparavant, et ça me desole, car je sais que je peux etre tres noir (deja fait une tentative mais ouf "avortee" a temps). Ceci dit, ça me fait du bien de lire et voir les reactions d'autres personnes, on se sens moins seul meme si ça resouds pas son propre cas.
Là pour le moment je tourne sous calmant qu'une personne de ma famille utilisait, ça me rends inerte (enfi pas trop heureusement), mais je deprime encore plus. et pourtant je suis a la bourre pour mon travail à rendre.
Sorry de m'etre egaré, et merci pour les courageu(ses)x qui m'ont lu(e)s. Courage a tous !

Systole 31/08/2006 17:37

Hello Ben! Je te remercie pour ton message! En effet, l'article ne résoud rien mais les commentaires nous font prendre conscience que d'autres personnes sont dans une situation semblable.Ce que je te propose, c'est de voir un spécialiste ou du moins en parler avec ton médecin traitant qui pourra te prescrire des médicaments adaptés. Les anti-dépresseurs sont une possibilité de traitement, ils sont efficaces et bien tolérés. Prendre les "calmants" de quelqu'un d'autre de ta famille n'est pas forcément une bonne option. En même temps, je ne sais pas exactement de quel médicament il s'agit, mais si tu parles de calmants, ce sont sans doute des benzodiazépines de type anxiolytiques...

carole 11/08/2006 10:29

Très intéressant, article et commentaires... la dépression, heureusement c'est quelque chose que je ne connais pas... je n'arrive pas à être déprimée plus de 24h! je trouve que la vie est trop courte pour cela mais peut être ai-je assez de force en moi pour ne pas me laisser aller, je ne sais pas... et puis depuis Nina, je pense que plus jamais je ne pourrais être déprimée!! :-)j'ai déjà essayé d'aider des gens dépressifs et j'avoue mon impuissance quand le mal est trop profond... on a l'impression que c'est facile de remonter la pente et on ne comprend pas pourquoi les gens se laissent aller ainsi... pour moi, c'est assez incompréhensif finalement, je veux dire dire qu'on comprend la cause mais pas la façon de la gérer... ouh la, je ne sais plus si je suis assez claire! en tout cas, de plus de plus de gens sont dépressifs et c'est peut être le nouveau mal de nos sociétés individualistes, égoïstes et violentes... Bises

Systole 11/08/2006 11:07

Bonjour Carole! Merci pour ton passage... les commentaires de cet article sont en effet particulièrement intéressants, puisque plusieurs personnes osent parler de la dépression, étant donné que cela leur est "tombé dessus"...Ensuite, il serait dommage de parler de la dépression en disant qu'il s'agit d'un manque de force et qu'on se "laisse aller"... nous réagissons tous différemment à certaines peines, certaines frustrations et certains deuils. Pour exemple, on peut remarquer qu'une bonne partie des personnes ayant souffert d'une dépression n'auraient jamais cru cela. Ils disent qu'ils n'auraient jamais pensé devenir un jour dépressif et que désormais ils comprennent réellement ce que c'est, alors qu'ils avaient parfois des préjugés par rapport à cela.Pour ce qui est de la prévalence de la dépression, qui semble prendre des proportions énormes ces dernières années, je dirais qu'il s'agit surtout de l'information véhiculée par les intervenants de la santé et les médias, qui parlent enfin de cette maladie auparavant "tabou". De plus, un dépistage plus fin a permis de découvrir une dépression chez davantage de gens, peut-être... de là à dire si les gens sont plus dépressifs désormais, c'est difficile. Nous vivons certes dans une société qui bouge beaucoup, avec laquelle nous avons peu de repères, un stress considérable... mais je pense que la vie n'est pas forcément plus difficile qu'il y a 50 ans. Ce qui a beaucoup changé, c'est l'importance de l'entourage, qui jadis était prépondérant, alors que désormais, les gens sont souvent seuls.Merci en tout cas de ton passage, Carole. A bientôt

Sifranc le correcteur 08/08/2006 17:23

bonjour docteur!

Systole 10/08/2006 18:46

pas encore, Sifranc, pas encore ;-)