Mercredi 3 mai 2006
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Les troubles du comportement alimentaire, qui regroupent essentiellement l'Anorexie mentale et la boulimie, s'avèrent très fréquents et font partie des maladies dont on a le plus parlé ces dernières années en raison de leur prévalence importante.
L'Anorexie Mentale
Il s'agit d'un trouble caractérisé par une perturbation de l'image corporelle associée au désir permanent de vouloir maigrir et de contrôler son alimentation. Ce comportement impliquera à terme une malnutrition sévère et un risque non négligeable de mortalité. Dans l'Anorexie, le poids se situe en général à 85% du poids attendu et on remarquera la présence ou non d'épisodes de vomissements ou la prise de laxatifs.
Ce trouble touche environ 2% de la population, 10 à 20 fois plus fréquent chez la femme, et souvent chez les patients entre 10 et 30 ans. Beaucoup plus fréquent dans les pays industrialisés et chez les personnes travaillant dans la mode ou la danse, il montre l'importance des facteurs socio-culturels et de l'image de soi dans les raisons d'un tel trouble. En outre, on a montré que le taux de dépression et d'abus de substance se révèle plus fréquents dans les familles de personnes anorexiques. Au niveau psychologique, on pense que la recherche d'indépendance et d'autonomie, ainsi que la difficulté de se séparer de la figure maternelle influent passablement sur les patients anorexiques.
L'évoution est très variable, mais on peut généraliser en disant qu'un tiers des patients va guérir, un tiers va noter une amélioration tandis qu'un tiers va souffrir d'anorexie chronique.
Le traitement se fera en ambulatoire ou necessitera une hospitalisation selon la gravité de la situation (risque de suicide, dépression, malnutrition sévère et crise familiale). Il se basera sur une reprise d'un poids normal et une surveillence des complications. On envisagera par ailleurs une éducation diététique, des séances de thérapie et éventuellement des médicaments, même si aucun d'entre eux n'a montré une efficacité notable pour l'anorexie (antidépresseurs comme la Fluoxétine).
La Boulimie
Elle définit des épisodes d'ingestion massive de nourriture, ceci de manière impulsive et incontrôlable, suivis éventuellement de vomissements provoqués ou de la prise de laxatifs afin d'éviter un surpoids. Les personnes boulimiques pourront utiliser d'autres méthodes pour éviter une prise de poids : exercice physique important, période de jeûne... Les patients ont également une estime de soi très influencée par l'image corporelle.
Tout aussi fréquente que l'anorexie mentale, la boulimie touche dix fois plus les personnes de sexe féminin et débute souvent vers 18 ans. Parmi les causes qui peuvent expliquer un tel comportement alimentaire, on a montré l'implication de l'activité de messagers chimiques cérébraux comme la Noradrénaline et la Sérotonine. Les patients boulimiques sont souvent perfectionnistes et entretiennent des relations conflictuelles avec leur famille, ce qui n'est pas le cas des anorexiques, du moins avant le développement de ces troubles.
On pourra retrouver dans les antécédents des patients l'existance de difficultés relationnelles, de dépression et d'abus de substances, notamment l'alcool et au niveau psychodynamique, une difficulté de séparation avec sa mère ou encore éventuellement des fantasmes agressifs et sexuels non acceptés.
Le pronostic est plutôt bon, même si l'on remarque une possibilité de rechute de 50% sur 5 ans. Le traitement est assez semblable à celui de l'anorexie mentale : hospitalisation en cas de nécessité, antidépresseurs (qui semble plus efficaces que pour l'anorexie), thérapie individuelle ou en groupe.
Par Systole
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Publié dans : Troubles psychiatriques
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Bien que n'étant réellement atteinte d'aucun de ces troubles à 100 % (je veux dire qu'il m'arrive d'adopter un de ces comportements pathologiques lorsque j'ai la sensation et la culpabilité insupportable d'avoir "trop mangé"), j'ai des amies qui sont dans ce cas de figure, notamment une "vraie" anorexique, et j'ai lu beaucoup sur le sujet car le rapport à la nourriture me passionne. Il en dit long sur ce que l'on est en réalité, et sur les stades "ratés" de notre éducation, surtout sur nos manques et nos vides....
Pas mal ton article, un peu bref ! J'aime bien la fin sur les fantasmes agressifs ou sexuels ! lol Il ne faut pas généraliser non plus !
Je pense tout simplement qu'aujourd'hui le "GROS" est l'homme à abattre, je crois que le monde a encore plus peur d'avoir 5 kilos en trop que d'avoir le sida... Faudrait que tout ça se calme parce qu'avec nos modes de vie sédentaires, je ne vois pas comment cela pourrait s'arranger. Il va falloir l'accepter !!!!! Acceptons les rondeurs modérées et essayons de faire de notre mieux pour ne pas nous goinfrer devant l'afflux permanent de nourriture...
Bisous
MuSe
Je pense que le rapport avec la nourriture est tout à fait intéressant également et il est clair qu'il peut parfois combler un vide affectif. Dans le cadre de l'anorexie et la boulimie, la situation est différente dans la mesure où le patient ressent au contraire une satisfaction au fait de résister à la nourriture, de perdre sans cesse du poids... même si cette lutte est sans fin, puisque le patient ne se trouve jamais suffisamment mince!
Pour ce qui est des causes sous-jacentes, tu noteras que j'ai écrit "éventuellement" pour ce qui est des pulsions agressives et sexuelles refoulées dans la boulimie ;-) donc ce n'est pas une généralisation! En même temps, il s'agit, avec un article bref, de donner quelques clefs aux lecteurs non-initiés et pas de fournir une liste exhaustive des causes des maladies!
Enfin, je ne pense pas que la victimisation des patients obèses ou en surpoids soit une méthode appropriée. Près de la moitié des personnes adultes est en surpoids (index de masse corporelle supérieur à 25), donc si ces gens étaient des cibles, ça ferait beaucoup de personnes sur lesquelles tirer. La médecine a clairement établi que l'obésité (IMC > 30) était corrélée à de nombreuses maladies comme le diabète et les troubles cardiovasculaires, sans parler des troubles articulaires. C'est pourquoi il est important de considérer l'obésité comme une maladie et de sensibiliser les gens plutôt que de l'accepter.
Je ne sais pas ce que tu en penses, mais d'après ton commentaire, ce n'est pas ce que j'ai ressenti.
Enfin je ne vais pas lancer le débat, ça n'est pas le sujet et ce serait interminable.
Mais les jeunes filles d'aujourd'hui peuvent "tomber" dans l'anorexie en commençant banalement un régime pour ressembler à Untelle, et ainsi être prise dans l'engrange de la perte de poids.... C'est terrible, car j'ai lu plusieurs que le fait de ne pas manger, ou si peu, est un pouvoir qu'elles ont sur leur corps...
Bool
note : IMC = poids (kg) / (taille)2 (m)
exemple : 60 kg 165 cm --> 60 / (1.65)2 = 22 = poids normal car entre 19 et 25
... puis cette volonté de perdre davantage de poids pourra se manifester. Mais de nombreuses personnes souffrant d'anorexie n'ont jamais été rondes, et c'est peut-être l'un des points à retenir. Cette crise intervient souvent dans un contexte de difficultés familiales et relationnelles, pas seulement en raison d'un chiffre sur une balance.
Tu as tout à fait raison quand à la question du contrôle de l'alimentation et de la faim. Il s'agit pour ces patients d'une victoire.
A+ Bool et merci
Quand tu parles d'anorexie chronique , cela veut dire qu'il ya pas de moyen de s'en sortir ?
Pour ce qui est de l'anorexie chronique, il s'agit en effet d'un état où le patient va présenter ce trouble du comportement alimentaire durant de nombreuses années, alternant éventuellement des périodes d'amélioration et des rechutes. Les hospitalisations sont fréquentes (réalimentation urgente, sondes...).
Surtout continues!
Bisous
bonne soirée
Vers 21 ans je ne mangeais plus rien mis à part des pommes et que je buvais énormément d'eau ( pire que les chameaux lol ) et du café en quantité astronomique .J'étais très mince et j'ai du réaprendre à manger corectement ...
Ensuite effet inverse vers 24 ans , lors de coup de déprimes je me mettais à manger tout ce qui trainait dans la maison ( surtout les gâteaux , chocolats ,...) et je suis passée à 115 Kgs ce qui était énorme étant donner que je mesure 1m69. Ensuite j'ai découvert que c'était aussi du à un ennui de santé, mais j'étais fautive puisque je ne savais calmer ce besoin de manger à n'importe quel moment de la journée ( des fois de dévorer même !! pour compensser un manque ).
Aujourd'hui je surveille ce que je mange tous les jours , j'essaye de trouver un équilibre et de plus passer d'un coté comme de l'autre .
C'est pas toujours facile , mais avec le temps on apprends à poser ses limites et à vivre avec notre corps .
euh sinon le traitement contre ces troubles est très diffcile il faut un vrai soutien de la famille!
gros bisous
A+
Je suis passé. Merci pour ce blog
Systole