L’Infarctus du myocarde (IDM) (la « crise cardiaque ») se définit comme la mort de tissu musculaire cardiaque suite à un arrêt prolongé d’apport de sang (et donc d’oxygène). Il représente la première cause de mortalité dans les pays occidentaux, avant le cancer et l’attaque cérébrale.
Epidémiologie : Les variations selon les pays sont très importantes en terme de fréquence : chaque année, 150 personnes sur 100'000 ont un infarctus en Suisse, en France et dans les pays méditerranéens, tandis que cette valeur se monte à plus de 500/100'000 habitants dans les pays du nord de l’Europe. L’IDM représente 30% des décès des hommes et 15% des femmes.
Mécanismes physiopathologiques : le cœur fonctionne comme une pompe musculaire qui se contracte et se relâche sans cesse pour assurer une perfusion de tous les organes du corps. Cependant, le cœur lui-même a besoin d’oxygène pour survivre, c’est pourquoi il existe des artères (les artères coronaires) qui permettent la circulation du sang à sa surface. Lorsque l’une d’elles vient à se boucher complètement, une partie du cœur n’est plus vascularisée et si l’on intervient pas rapidement, le muscle cardiaque va manquer d’oxygène (hypoxie), puis se détruire en raison du manque d’apport (infarctus). Les vaisseaux se bouchent par un phénomène appelé Athérosclérose, c’est-à-dire le durcissement de la paroi des vaisseaux conséquence du diabète, du tabagisme, d’une alimentation riche en graisses et d’autres facteurs comme l’hypertension. L’Athérosclérose peut survenir dans n’importe quelle artère et prédispose à des maladies comme l’accident vasculaire cérébral (l’attaque cérébrale) ou encore l’insuffisance artérielle des jambes. Les plaques qui vont se former à la surface des vaisseaux peuvent se rompre et aller se figer dans une artère (un Embol).
Symptômes : suite à un effort violent ou une émotion importante, le patient va ressentir une douleur très intense généralement au niveau de la poitrine, avec une impression de constriction (« comme si ma poitrine était broyée dans un étau ») ou de brûlure. A noter que cette douleur peut éventuellement irradier dans le bras (gauche, parfois droit) ou dans la mâchoire et que dans 20% des cas, on ne note pas de douleur. Ceci est dû à une atteinte des nerfs – due surtout au diabète de longue date - qui transmettent les sensations douloureuses. Souvent, le patient ressentira une angoisse, une faiblesse générale et présentera éventuellement une transpiration profuse, des nausées, voire des vomissements.
Face à une telle situation, il est impératif d’appeler le plus rapidement possible une ambulance (cardio-mobile, SAMU) qui pourra amener dans les plus brefs délais le patient dans un centre médical en mesure de le traiter.
Prise en charge et traitement : pour confirmer un infarctus, le médecin va recueillir des
informations sur la survenue de l’épisode, noter les antécédants du patient et évaluer les facteurs de risque (hypertension, tabagisme, âge, troubles des lipides…). On pratiquera plusieurs
examens pour étayer cette piste : prise de sang, electrocardiogramme, échographie… Le traitement sera également rapidement mis en route : à peine entré dans l’ambulance, le patient
nécessitera de l’oxygène, des médicaments contre la douleur et pour empêcher la coagulation du sang. Il faudra ensuite se débarrasser de l'Embol qui obstrue l’artère incriminée afin de fournir à
nouveau une perfusion adéquate au cœur. Pour cela, on peut administrer par la veine des médicaments qui vont détruire la plaque (thrombolytiques, fibrinolytiques). On pourra pratiquer une
Coronarographie, c’est-à-dire une radio des vaisseaux du cœur afin de localiser où se trouve l’obstacle et alors faire ce qu’on appelle une Angioplastie :
on enfile un tuyau dans une artère de la jambe (généralement l’artère fémorale) et on remonte jusqu’au cœur afin d’écraser la plaque responsable de l’obstruction. Ceci est possible grâce à un
ballonnet qu’on gonfle lorsqu’on se trouve à l’endroit approprié. Cette technique, qu’on peut coupler à un stent (un ressort maintenant l’artère ouverte) est efficace mais présente un risque de
récidive. C’est pourquoi on pourra pratiquer un Pontage à distance de l’épisode d’infarctus : il s’agit de « court-circuiter » le vaisseau malade au moyen d’une
veine qu’on aura prélevé à la jambe et qu’on fixera entre l’aorte et l’artère touchée.
Les médecins seront également particulièrement attentifs aux troubles du rythme cardiaque qui surviennent quasi-systématiquement chez un patient atteint d’un infarctus, ainsi qu’à une éventuelle Insuffisance Cardiaque, qui se définit comme l’incapacité du cœur à fournir un apport suffisant de sang au corps.
Enfin, il sera essentiel de prendre en charge le patient dans sa vie après un infarctus. Pour cela, il s’avère important de prévenir une nouvelle « crise cardiaque » et ceci est possible en combattant les facteurs de risque présents : mieux contrôler son diabète, abaisser la tension artérielle à des valeurs normales, de même que son taux de cholestérol et son poids, arrêter la cigarette… Une alimentation pauvre en graisses et de type méditerranéen est conseillée, de même qu’un effort physique modéré. Des médicaments pourront être prescrits pour diminuer le risque d’infarctus : de l’aspirine Cardio, des anti-hypertenseurs…
Ca devrait aller non ? ;-)
Bises Sys, merci pour ce très bon article,
Bool
A+ Bool et merci!
bisou
Ciao
Après un infarctus, ce 15 février, je dois avouer que j'ai frôlé la dépression. Le fait de "sortir" d'une telle situation a eu sur moi, l'effet d'une perte totale de confiance. Plus de confiance en son corps.
Après 3 mois de kinésithérapie de revalidation cardiaque, cela va beaucoup mieux. Je sens que je suis à nouveau capable de bouger, de vivre comme avant (les erreurs en moins, bien sûr!). Dans mon cas, on a placé un stent, pour d'autres, il s'agira de pontage(s), dans tout les cas, il faut se convaincre que la machine est "réparée" et qu'elle peut repartir. Bravo pour ce blog et bonne continuation.
A bientôt.
Sérieusement, c'est cool de voir des blogs utiles et bien rédigés.
Merci du passage et du commentaire
est-ce qu'on peut faire du sport comme avant ou reste-on handicapé?
est-ce que tu peux expliquer pourquoi chez certains on n'intervient pas avec l'angioplastie ou le pontage alors qu'ils souffrent également des mêmes symptômes (angine de poitrine)?
PREMIERS SECOURS:
si vous trouvez quelqu'un qui a mal à la poitrine, angoissé etc, appelez directement le 144 (CH), interdisez lui de bouger ou de faire un effort et demandez-lui s'il a ses médicaments (TNT) à mettre sous la langue, en attendant les secours. laissez le dans la position qu'il préfère, en général en semi-assis mais surtout pas allongé et les jambes surélevées car ca fatigue le coeur.
bisous
Merci pour les conseils de Premiers Secours ;-)
Merci pour ces stats, soeurette ;-)
A+
J'ai confiance de vous parler, habituellement les étudiants ont encore la patience de parler et d'expliquer aux patients, ce que le médecin ne fait plus.
il est si difficile de trouver un médecin de famille ici à Mtl.
Depuis 5 ans, j'ai un sérieux problème de poids et alors que j'allais me marier plusieurs mois avant j'ai pris des suppléments alimentaires "coupe-Faim" à base d'éphédra qui m'ont aidés à être plus présentable dans ma robe de mariée avec la perte de 15 livres mais avec la mauvaise surprise que depuis j'ai des palpitations cardiaques et une prise de poids exponentielle, palpitations presque toujours plus fortes au repos (quand je suis couchée surtout) et pas vraiment incommodantes (genre véritables DRS avec dyspnée, nausée, lipothimie, etc...), parfois elle peuvent durer plusieurs minutes, mais selon certaines copines infirmières elles sont sensibles au stétoscopes même si je ne les sent pas. Outre la prise de poids durant ma grossesse (j'ai au-delà de 80 lbs de mon poids santé ce qui me fait un poids de 90 kg pour un grande de 160cm, je suis ÉNORME) et de plus je perds mes cheveux à pleine pelletées et me laisse le front dégarni comme si je souffrait d'hypothyroidie mais ma TSH est belle, seul mon cholestérol demeure à des limites supérieures soit 5.68mmol. Pourtant je suis végétarienne et calcule tout ce que je mange, parfois il m'arrive de manger des protéines et le pains et les féculents sont aussi calcués au minitum, ne mangeant que les aliments faible en glycide ou d'index glyécmique au plus bas, produits bruts le plus souvent.
Je dors très peu et n'arrive pas à me rposer pleinement, ma glyécmie ce situe plussouvent à 5,2mmol et 6,2mmol 2 hres pc. J'ai une véritable trouille d'aller retourner voir mon médecin de famille qui me parle de problème de stress mais malgré marche, mon jeune bébé qui me tient active et mes études (à plein temps) et le travail à tous les weeks-ends. Je ne réussit toujours pas à perdre un gramme et cela me désole plus que mes palpitations. Je suis aussi souvent fatiguée mais c'est normal avec mon train de vie. Existe-t'il une autre test pour voir si la glande thyroide est mal balancée, mon naaturopathe me dit que oui, mais c'est pas vraiment accepté dans la médecin officielle. Je ne veux pas encore passer un ECG avant d'avoir votre avis à cet effet, j'ai encore ma série de tests sanguins à passer (ça fait plus de 3 mois que j'ai eu les derniers résultats) pour bilan annuel, apres je suis certaine qu'aucune assurance voudra m'assurer et que je serai refusé pour des emplois futurs avec ce problème de poids et les palpitations.
J'apprécierais une réponse réaliste, je sais que je vais passé dans une clinique privée à mes frais pour faire un ECG, mais pour les résultats sanguins, impossible des les voir, c'est mon médecin qui les reçoit, et je n'aurait le résultat dans des mois à mon prochain rdv.
SVP me donner votre commantaire, si c'est encourageant ou motivant seulement.
Merci de me donner un coup de pouce sur les infos à ce sujet
Dans tous les cas, je peux vous donner quelques points mais j'ignore si cela sera d'une grande aide :
- Pour la mesure de la fonction thyroïdienne, la TSH et la T4 sont les examens de base. Si ces valeurs sont normales, la thyroïde est normale, quoi qu'en dise votre naturopathe... si ces méthodes ne sont pas acceptées par la médecine officielle, il y a bien une raison...
- Il est clair que plusieurs symptômes que vous présentez peuvent être, comme vous le savez, dus à un trouble thyroïdien de type hyperthyroïdie (palpitations) mais d'autres entrent davantage dans le cadre d'une hypothyroïdie (perte de cheveux, prise de poids...), donc le problème ne se situe vraisemblablement pas au niveau de la thyroïde. Des examens de contrôle seraient necessaire, mais s'ils étaient normaux il y a peu...
- Pour les palpitations, rien d'étonnant à ce qu'elles soient mises en évidence par le stéthoscope des infirmières... il s'agit effectivement de palpitations, pas d'illusions de votre part. Néanmoins, elles sont le plus souvent bénignes et cette situation de stress y contribue. A part votre poids, il y a peu d'éléments en faveur d'un risque cardiaque, donc l'ECG est moyennement indiqué.
Je pense que le plus important serait de tâcher de contrôler le poids, mais ça, vous le savez déjà... l'alimentation et l'exercice sont les points les plus importants. Rien ne sert d'être pressée, il faut y aller petit à petit. Evitez cependant les différentes mixtures et autres pilules miracles, il n'y a rien de mieux qu'une alimentation saine et équilibrée. Je sais que tout le monde rabache cela, mais c'est vraiment le plus important.
En espérant que ce commentaire vous aura aidé quelque peu, je vous souhaite bon courage.
(je serai en vacances du 12 au 26 septembre, c'est pourquoi je ne pourrai répondre tout de suite à vos prochains éventuels commentaires)
Il y a déjà un article sur l'AVC! Tiens, voici le lien :
http://docteur.over-blog.org/article-1657771.html