La Maladie de Crohn

Publié le par Systole

La Maladie de Crohn (ou Entérocolite régionale) fait partie de la catégorie des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif. Un mécanisme auto-immunitaire semble jouer un rôle prépondérant, ce qui a permis de cibler la prise en charge médicamenteuse.

 

Epidémiologie : Chaque année, on diagnostique chez environ trois personnes sur 100'000 une maladie de Crohn. Une prédisposition génétique existe clairement puisqu’on sait que chez les patients avec certains gènes ayant subi une mutation (NOD2, R702W…), l’incidence de la maladie est nettement plus importante.

Mécanismes physiopathologiques : On pense que la maladie de Crohn fait partie de ces pathologies dites « auto-immunes », c’est-à-dire que nos cellules de défense (dans ce cas les lymphocytes T) vont attaquer sans relâche les constituants de notre corps et donc provoquer une inflammation chronique. Toute partie du tube digestif (de la bouche à l’anus) peut être touchée dans le Crohn, mais le plus souvent, l’atteinte est limitée à l’iléon (la dernière partie de l’intestin grêle) et le côlon. La survenue de la maladie de Crohn apparaît le plus souvent entre 20 et 40 ans, mais des enfants peuvent déjà ressentir les premières manifestations.

 

Symptômes : un patient avec une maladie de Crohn ressentira des douleurs abdominales à type de crampes et souffrira de diarrhées, le plus souvent sans trace de sang (à la différence de la recto-colite ulcéro-hémorragique (RCUH), une autre maladie inflammatoire digestive). Face au caractère chronique des symptômes, des spécialistes pourront mettre en évidence la maladie au moyen de biopsies, à savoir des prélévements de la muqueuse digestive, qui vont montrer une atteinte caractéristique. Des examens radiologiques (échographie, radios, IRM) auront également leur utilité. On sera particulièrement attentif à rechercher des complications telles que des douleurs articulaires (20%), une inflammation de l’œil ou encore des lésions au niveau de la peau ou des voies biliaires. Des abcès au niveau de l’anus ainsi que des fistules viennent souvent compléter le tableau. Une fistule est la formation d’un canal qui met en communication deux segments digestifs.


Evolution : la maladie se comporte par poussées, c’est-à-dire que les symptômes surviennent durant une période (quelques semaines) et disparaissent ensuite. Une nouvelle poussée peut survenir dans l’année ou après de nombreux mois de calme. Avec le temps, on recherchera certaines complications comme une mauvaise absorption (malabsorption) des aliments par le tube digestif qui est lésé, ce qui peut provoquer des carences, notamment en vitamine B12 et conduire à une anémie (diminution des globules rouges dans le sang). Le risque de développer une tumeur digestive est présent, mais se révèle cependant netttement moins important que dans la RCUH.


Traitement et prise en charge : En premier lieu, on évitera les aliments que le patient supporte mal et on veillera à substituer les constituants qui sont mal absorbés (vitamines, protéines…). Une panoplie de médicaments existe pour contrer les effets néfastes de cette inflammation : la Mésalazine pour les poussées modérées, les Corticoïdes pour celles qui sont plus sévères, ainsi que certains médicaments dits « immunosuppresseurs » tels que l’Azathioprine ou encore des anticorps spécifiques (anti-TNF-alpha). Avec le temps, on songera à des interventions chirurgicales destinées à enlever une partie de l’intestin inflammé, ce qui survient chez près de 80% des patients atteints d’un Crohn depuis plus de 10 ans. Enfin, des contrôles par colonoscopie seront également effectués de manière régulière afin de dépister un éventuel cancer.

Publié dans Maladies digestives

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stel 29/02/2008 19:37

J'ai cette maladie depuis 6 ans maintenant, et suis sous pentasa et entocort... je gere comme je peux, mais sachez que si certains d 'entre vous ont des doutes car problemes intestinaux récurrents , il FAUT CONSULTER!!
laisser un possible crohn sans surveillance ni traitement serait embetant pour la suite ...

Systole 01/03/2008 13:41

Il est clair qu'un prise en charge précoce est importante afin qu'on puisse proposer un traitement, le problème étant certaines personnes laissent "trainer" les choses, ce qui est une réaction normale, car on a peur qu'il s'agisse de quelque chose de grave...

vivreborderline 18/02/2008 15:17

je t'ai mis un +5 pour ton blog
au fait j'ai ma meilleur amie qui a cette pute de maladie

BRETON 04/10/2007 14:05

Je veux bien voir un nouveau gastro mais j'espère être remboursé en partie au moins.
Ces douleurs abdominales datent d'un an environ.
Pour calmer les douleurs, le médecin m'a prescrit "Efféralgan à la codéine" , "Laroxyl 500 mg" (A augmenté la dose à 2 cachets) , Poly-Karaya" (3 sachets par jour).
Pascal

BRETON 04/10/2007 12:36

MERCI POUR VOTRE REPONSE QUE J'AI BIEN VISUALISEE.
Mon médecin ne veut pas m'envoyer une nouvelle fois chez un gastro. La première fois, un gastro a lu le courrier du médecin, n'a pas procédé à un examen et s'en est tenu au propos du médecin généraliste en parlant d'alimentation.
J'ai subi une coloscopie en 2004 : négative. Mon médecin veut que j'attende 5 ans !
Pascal

Systole 04/10/2007 12:56

C'est vous qui souffrez tous les jours, pas votre médecin, c'est pourquoi vous pouvez très bien aller chez un gastro-entérologue sans sa "permission"!!! Coloscopie en 2004? Cela fait donc plusieurs années que vous avez ces symptômes?

BRETON 04/10/2007 09:10

Depuis plusieurs mois j'ai des douleurs abdominales. Mon médecin, après l'avis d'un radiologue, me soutient que c'est la cause de spasmes du colon.
J'ai subi une gastroscopie négative.
J'ai toujours mal et, d'après le médecin, il n'y a rien à faire que de calmer la douleur par des médicaments. Inefficaces !
Dès que je mange, j'ai ces douleurs et dans la journée des nausées et les douleurs continuent.
Je ne sais plus quoi faire.
A l'aide !

Systole 04/10/2007 11:34

Bonjour! Une drôle d'histoire, dites-moi! Des radiologues qui parlent de spasmes du colon et qui demandent une gastroscopie (grâce à laquelle on ne visualise PAS le côlon, comme son nom l'indique!!!)... j'imagine que votre médecin parle de syndrome du colon irritable, mais les symptômes ne semblent pas correspondre à cela! Le mieux serait de consulter un gastro-entérologue, en ville ou hospitalier, afin de comprendre ce qui se passe!