La maladie de Sjögren se définit par une inflammation des glandes lacrymales et des glandes salivaires, ce qui va induire une sécheresse des yeux et de la bouche. Il existe deux formes principales : l'une associée à une maladie rhumatologique (Sjögren secondaire) et l'autre sans cause sous-jacente (Sjögren primaire)
Epidémiologie et physiopathologie : le syndrome de Sjögren représente une pathologie relativement fréquente qu'on retrouve dix fois plus souvent chez les patients de sexe féminin. Etant donné son association avec des pathologies rhumatologiques, des anticorps spécifiques tels que le HLA-DR2 ou HLA-DR3 sont parfois retrouvés. En effet, des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou d'autres maladies qui impliquent le collagène (une protéine essentielle dans la structure des os et des muscles, entre autres) ont parfois un syndrome de Sjögren. Les personnes avec une hépatite C ou une cirrhose biliaire primitive peuvent également souffrir d'un Sjögren.
Symptômes : l'inflammation à long terme des glandes lacrymales (qui produisent les larmes) et des glandes salivaires va provoquer une sécheresse des yeux (xérophtalmie) et de la bouche (xérostomie). Le patient ressent une sensation de brûlure ou a l'impression d'avoir un corps étranger dans l'oeil. Des ulcérations de la cornée, c'est-à-dire une brêche de la surface de l'oeil, sont une complication possible étant donné que le film lacrymal n'est plus produit en quantité suffisante pour protéger l'oeil. On recherchera également une maladie rhumatologique, auquel le syndrome de Sjögren est souvent associé, ainsi qu'une tendance aux allergies. A noter que le développement d'un lymphome malin (tumeur originaire des ganglions lymphatiques) est la complication la plus redoutée et qu'elle survient dans 6% des cas de Sjögren.
Diagnostic et traitement : les plaintes du patient, associées à un examen minutieux par un ophtalmologue mettront en évidence une inflammation chronique de la cornée (kératite). On effectuera un test de Schirmer, qui permet de mesurer en quelques minutes la production des larmes, insuffisante dans le syndrome de Sjögren. Des examens de laboratoire seront demandés.
Le traitement vise principalement à soulager les symptômes du patient : collyres pour humidifier les yeux, pâte à mâcher pour stimuler la production de salive. Des mesures simples telles qu'une bonne hydratation et la protection des yeux avec des lunettes, notamment lors de fort vent, sont également utiles. Certains médicaments tels que la Bromhexine ou la pilocarpine peuvent s'avérer efficaces pour augmenter la production salivaire et lacrymale. Enfin, dans les cas de Sjögren secondaire, il s'agira bien entendu de prendre en charge la pathologie rhumatologique du patient.

