Cette maladie neurologique mystérieuse décrite par trois médecins français (Guillain, Barré et Strohl) en 1916 se définit par une atteinte inflammatoire des racines nerveuses et des nerfs dont l'origine, peu claire, serait immuno-allergique.
Epidémiologie : la maladie de Guillain-Barré (GB) survient chez environ 1-2 personnes sur 100'000 chaque année ; dans plus de la moitié des cas, une infection virale banale ou plus rarement un vaccin sont intervenus les semaines précédentes.
Physiopathologie : le GB consiste en une perte de la gaine de myéline (démyélinisation) qui entoure les nerfs, responsables de la conduction des informations (mouvement, sensibilité, douleur...) ainsi qu'une inflammation se manifestant par la présence de protéines en grande quantité dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) qui circule dans le cerveau et la moelle épinière.
Symptômes : d'une manière typique, les symptômes vont débuter par des sensations anormales (paresthésies) sous forme de picotements, suivis par un déficit moteur (l'impossibilité de mouvoir un membre) qui touchera généralement d'abord les jambes, puis éventuellement les bras, le tronc et enfin les muscles respiratoires et ceux de la face. On comprend aisément que la paralysie des muscles respiratoires est sérieuse puisqu'elle peut provoquer une insuffisance respiratoire, raison pour laquelle le syndrome de GB est une urgence. L'atteinte des nerfs crâniens implique des troubles de la déglutition, une paralysie du visage et plus rarement des mouvements des yeux. Outre les troubles moteurs, on pourra noter des douleurs à la pression des muscles, mais aussi une atteinte du système nerveux végétatif (rythme cardiaque, tension artérielle, transpiration...). L'évolution se fait en trois stades : l'extension des symptômes (1-4 semaines), leur stabilisation (1-3 semaines) et la phase de récupération (quelques semaines voire plusieurs mois).
Diagnostic : en raison de la prévalence plutôt rare du syndrome de GB, de nombreux médecins sont démunis face à cette maladie mal connue, d'autant plus que la variabilité est très importante d'un individu à l'autre. Pour certains patients, elle pourra presque passer inaperçue (léger troubles de la sensibilité, faiblesse), tandis qu'elle aura une évolution plus sévère et menaçant la vie pour d'autres personnes. Outre l'histoire du patient et un examen clinique neurologique qui mettront en évidence les symptômes précités, ainsi que des réflexes tendineux généralement faibles, on pratiquera une ponction lombaire qui consiste à insérer un trocard (aiguille) dans l'espace sous-dural afin de recueillir du LCR et l'analyser. Dans le syndrome de GB, on trouvera typiquement une concentration importante de protéines et peu de cellules inflammatoires (la « dissociation albumino-cytologique »). A noter cependant que ces résultats ne sont souvent positifs que quelques jours après le début des symptômes. Un autre examen utile sera l'électroneuromyogramme (ENMG) qui sert à étudier la conduction des nerfs et l'état des muscles et qui montrera dans un GB une atteinte de la myéline, la gaine isolante des nerfs. Il s'agira de plus d'éliminer d'autres causes de neuropathies (médicaments, infections comme la polio...).
Traitement et pronostic : l'évolution des symptômes pouvant être rapide et compromettre la survie du patient, une hospitalisation dans une unité spécialisée sera recommandée (neurologie ou soins intensifs), ceci afin de surveiller l'intégrité du système respiratoire, de la déglutition et l'avancement du déficit moteur. En effet, si le patient ne peut plus contrôler sa respiration, une intubation sera nécessaire. La mortalité dans un centre spécialisé est inférieure à 5%. Au niveau du traitement à proprement parler, on préconisera les plasmaphérèses (prélévement du plasma sanguin) afin d'éliminer les anticorps qui attaquent les nerfs. L'injection de gammaglobulines (anticorps) spéciales a été démontrée comme tout aussi efficace.
J'ai eu un peu peur d'ailleurs car ça fait au moins 5 mois que j'ai une insensibilité juste au dessus de genou, j'en ai parlé à un dermato qui ne savait pas du tout ce que ça pouvait être, je dois faire une radio mais n'ai pas encore eu le temps.
Mais comme tu dis que les symptômes évoluent très rapidement, me voilà rassurée...
Bises Sys et fête bien demain !
Bool
bonne année et meilleurs voeux de bonheur !
bisou
Merci... je t'ai répondu sur ton blog!
cher docteur ...
angeline
Merci de passer et heureuse année!
merci
J'ai été atteind par ce syndrome quand j'étais enfant, impossible de me tenir sur mes jambes, cela n'a duré que 48H, mais j'en ai un souvenir bien précis, malgrés mon trés jeune âge.(4 ou 5 ans.)
Votre blog est sympa, c'est la premiére fois que je vois un article sur ce sujet.
Amicalement.
A bientôt
A ma connaissance (et après vérification dans mes références pour être sûr de ne pas être passé à côté de cette information) il n'y a absolument aucune corrélation entre le SGB et l'infertilité.
Je vous remercie de votre passage
Je vous envoie son adresse e-mail, même si je n'ai théoriquement pas la ... permission!
Je consulte la rubique et forum consacrés au Syndrome Guillain-Barré, car l'ayant contracté en 95 ( hospitalisé 15j à la Pitié-Salpetrière )et suspectant le vaccin ant-grippal comme cause, je me sens très démuni face a la prochaine campagne de vaccination antigrippale A qui s'annonce : en effet les médecins que j'interoge ne veulent jamais me répondre sur les risques de contracer un G.B.ni des possibilités de récidive, ne voulant ainsi pas prendre le risque d'un conseil dans un sens ou un autre. Bref en se couvrant ainsi je n'obtient aucun conseil et reste très seul face à la décision de me faire vacciner ou non. Je fais d'autant plus le lien entre le vaccin et mon G.B. que ça a été ma seule vaccination anti-grippale.
Dois-je me faire vacciner, oui ou non, avec quel risque de récidive, et si non, avec quel risque quant à la grippe A ?
Merci beaucoup de toute réponse.
Ce que je peux vous répondre, c'est que personne ne connait les éventuels effets secondaires du nouveau vaccin anti-grippe A. Donc impossible de savoir qu'il peut provoquer un syndrome de GB, mais étant donné que de nombreux vaccins de la même famille ont ce rare effet 2° regrettable, on peut imaginer que ce sera également le cas de celui-ci.
Je répondrai à votre question par une ellipse : si vous n'êtes pas une personne "à risque", c'est à dire immunosupprimée, diabétique, âgée ou travaillant dans le domaine médical (pour éviter la contamination), le vaccin anti-grippal ne vous est pas forcément destiné! En effet, la grippe A demeure une banale grippe et passe en 10-14 jours sans trop de complications chez une personne en bonne santé. Le problème de la grippe A, c'est le fait qu'il s'agisse d'une pandémie, qu'elle peut atteindre des millions de personnes et provoquer le décès de milliers de personnes fragiles.
Reste que je m'interdis de me faire vacciner depuis 1995, date de mon GB.Personne en effet n'a pu me donner d'argument dans un sens ou un autre,si je peux m'en passer ou si je ne cours plus de risque.Qu'en est il si je doit un jour me prémunir préventivement ?
Merci
Il m'est malheureusement impossible (et peu professionnel) de vous donner les coordonnées d'un spécialiste en la matière, surtout s'il s'agit de consulter "par internet". En effet, comme vous le mentionnez vous-même, il s'agit d'une situation complexe qui nécessite des consultations avec un neurologue de votre région, ainsi qu'un soutient moral.
Merci de partager votre expérience personnelle
J'attends de parler avec mon médecin pour me décider. Mais si elle ne se prononce pas clairement, je n'irai pas me faire vacciner. Entre une grippe et le risque (même minime) d'une rechute de SGB, mon choix est fait.