L’Asthme est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’enfant et chez l’adulte. Définie comme une inflammation chronique et réversible des voies respiratoires, elle provoque des coûts d’environ 5 milliards de Dollar chaque année aux Etats-Unis.
Epidémiologie : On évalue à 5-10% la population touchée par l’Asthme dans les pays occidentaux. Il existe deux pics d’incidence de la maladie : durant l’enfance (4-10 ans) et après 40 ans. A noter qu’environ 80% des enfants de moins de 2 ans ayant de l’Asthme verront leur maladie disparaître à l’âge adulte. Par contre, les raisons de l’augmentation de l’Asthme ces dernières décennies sont peu claires. L’environnement (pollution) joue sans aucun doute un rôle, cependant plutôt aggravant que causal. Il est clair qu’il existe également une composante familiale, mais les mécanismes génétiques ne sont pas encore élucidés.
Mécanismes physiopathologiques : l’Asthme se définit comme une obstruction réversible et chronique des voies aériennes qui va provoquer des difficultés à respirer chez le patient. On remarquera qu’il existe également une inflammation se manifestant par l’apparition de cellules de défense comme les lymphocytes (de type Th1 surtout) et les éosinophiles qui vont attaquer les parois de l’appareil respiratoire, les rendre plus épaisses et visqueuses, mais aussi épaissir la musculature bronchique.
Diagnostic : les symptômes classiques de l’Asthme sont la toux, le sifflement (wheezing) et la difficulté à respirer. Cependant, le diagnostic est posé en effectuant certains tests qui vont mesurer la fonction pulmonaire du patient : sa capacité à expirer le plus fort et le plus rapidement possible par exemple (Peak Flow et VEMS1). On remarquera que ces tests, en dehors des crises d’Asthme, peuvent s’avérer normaux. De même, la maladie est définie comme réversible dans la mesure où ces examens s’améliorent généralement avec l’inhalation d’aérosols qui vont dilater les voies respiratoires et ainsi permettre une meilleure expiration. On recherchera chez le patient un syndrome atopique, c’est-à-dire des allergies qui sont souvent associées à l’Asthme : la dermatite atopique (peau), la conjonctivite (yeux) et la rhinite (nez) allergiques, qui peuvent être causées par des allergènes comme les poussières, les chats, les acariens...
Traitement et prise en charge : Le traitement se base sur la sévérité et la fréquence des symptômes, par paliers, mais on peut classifier les médicaments en deux catégories : ceux qui contrôlent à long terme la maladie (corticostéroïdes en inhalation, beta-mimétiques à longue durée d’action, cromoglycate…) et les médicaments pour les crises (beta-mimétiques, anticholinergiques, corticoïdes par voie orale, voire intra-veineuse ou intramusculaire). Ces médicaments vont permettre une diminution de l’inflammation (corticoïdes) ainsi qu’un élargissement des voies respiratoires (beta-mimétiques comme le salbutamol ou le salmétérol) et ainsi soulager le patient de ses symptômes. La collaboration entre le patient et les professionnels de la santé (généraliste, pédiatre, allergologue, pneumologue…) est essentielle pour gérer au mieux la maladie asthmatique. Quelques mots enfin sur l’Etat de Mal asthmatique, à savoir des crises particulièrement longues ou répétées qui nécessitent un traitement d’urgence vitale.

