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Maladies rhumatologiques

Dimanche 26 février 2006
Le Lupus érythémateux systémique (LES) est une pathologie complexe faisant intervenir plusieurs organes (articulations, muscles, peau, rein...). Son origine est encore mal comprise mais il est clair que des mécanismes auto-immunitaires en sont le déclencheur principal.

Epidémiologie : Le LES est une maladie dite "systémique" dans le sens où elle fait intervenir plusieurs systèmes du corps (articulaire, cutané, cardiaque, neurologique...). On découvre environ 10 nouveaux cas par 100 000 habitants chaque année, ce qui veut dire qu'il s'agit d'une maladie relativement peu fréquente mais néanmoins la plus répandue des maladies systémiques.

Mécanisme physiopathologique : Selon les hypothèses les plus récentes, une infection virale inconnue provoquerait une destruction de cellules et de ce fait, la libération du code génétique (ADN). Le déficit de certaines enzymes (DNAse) conduirait à une réaction immunitaire persistante contre l'ADN du soi (auto-immunité). Ceci va produire une réaction inflammatoire de nombreux organes, dont la peau et les vaisseaux sanguins, ainsi que le dépôt d'antigènes et d'anticorps associés (complexes immuns) dans des organes.

Symptômes cliniques : on découvrira le plus souvent un patient atteint de LED par la présence de symptômes généraux (fièvre, fatigue marquée, perte de poids) ainsi que des douleurs articulaires, parfois musculaires. Enfin, des lésions cutanées assez caractéristiques sont présentes dans la phase aiguë : une rougeur en forme d'ailes de papillon au niveau du visage (rash malaire) faisant penser à un loup (d'où le nom de la maladie, du latin, lupus). Cette rougeur (érythème) est d'ailleurs souvent déclanchée par une exposition au soleil. On peut trouver également des ulcérations au niveau de la bouche.

Avec le temps, de nombreux organes pourront être touchés de manière irréversible par la maladie : inflammation du coeur et du poumon, problèmes rénaux (néphrite lupique), mais aussi anomalies neurologiques (diminution de la vigilance, épilepsie) et lésions chroniques de la peau (rash discoïde). A noter que les symptômes de la maladie sont très variables d'un patient à l'autre, certains étant atteints uniquement au niveau de la peau (Lupus érythémateux cutané) alors que d'autres présentent des lésions de multiples systèmes. Le pronostic vital dépendra bien évidemment de l'étendue de l'atteinte.

Diagnostic : On pourra faire le diagnostic de LES selon la présence des critères décrits ci-dessus, ainsi que par la présence de certains anticorps dans le sang (anti-ADN natif, anti-Ro)

Traitement : Du fait de l'implication de nombreux organes, un patient atteint de LES sera pris en charge par une équipe généralement multidisciplinaire, faisant intervenir par exemple des spécialistes des articulations (rhumatologues), du rein (néphrologue), mais aussi des neurologues et des dermatologues.
Au niveau des médicaments, on utilisera un traitement qui visera à diminuer les signes cutanés (rétinoïdes, corticoïdes) mais aussi contrôler les atteintes du rein et du système nerveux notamment. L'utilisation d'immunosuppresseurs (Azathioprine) ou de cortisone n'est pas rare dans les formes étendues.

Pronostic : L'atteinte multiorganique du Lupus Erythémateux Systémique peut considérablement réduire le pronostic de vie d'un patient non-traité. Si un malade est pris en charge, on peut espérer une survie de 90% à 10 ans. Les causes de décès les plus fréquentes sont l'insuffisance rénale, les atteintes du coeur et les infections.


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Par Systole
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Mardi 9 mai 2006
La Fibromyalgie est une maladie dont on a beaucoup parlé ces dernières années et qui divise autant le public que le milieu médical. Syndrome douloureux avec une base "physique" réelle ou trouble psychosomatique? Dans tous les cas, elle reste une maladie difficile à traiter et induit beaucoup de frustration de la part du patient et de son médecin traitant.

Epidémiologie et origine : on estime la prévalence de la Fibromyalgie à environ 2% de la population, ceci dans un rapport femmes/hommes d'environ 8. La maladie apparait le plus souvent entre 30 et 60 ans et son origine demeure inconnue. On sait que la dépression est souvent associée à cette maladie, que ce soit avant son apparition ou de manière concomitante.


Symptômes et diagnostic : les patients atteints de Fibromyalgie ressentent des douleurs chroniques dont l'origine se situerait au niveau des muscles. Ces douleurs sont mises en évidence par le praticien en appuyant sur 18 points du corps, localisés principalement au niveau de la nuque et du cou, des coudes, du bassin et des genoux. Si plus de 11 points sur les 18 sont douloureux pendant plus de 3 mois, on pourra penser à une Fibromyalgie. En plus de ces douleurs, le patient pourra souffrir de troubles "végétatifs" comme une froideur des extrémités, une sécheresse de la bouche ou des tremblements. Enfin, des insomnies, un abattement général et une migraine peuvent venir compléter le tableau.



Au niveau des examens sanguins, aucune anomalie n'est mise en évidence et il est clair que le médecin doit s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une autre maladie avant de poser le diagnostic de fibromyalgie. Parmi les pathologies qu'on peut confondre avec la Fibromyalgie, on citera la plupart des autres maladies articulaires, les inflammations des muscles (myosite), les troubles psychosomatiques.

A noter enfin que la fibromyalgie peut survenir de façon primaire ou  être associée secondairement à des maladies comme le Lupus Erythémateux, le syndrome de Sjögren ou la Polyarthrite rhumatoïde.


Traitement et pronostic : Etant donné que l'origine de la Fibromyalgie est peu claire, le patient bénéficiera de traitements qui vont agir essentiellement au niveau des symptômes : physiothérapie (massages, bains), techniques de relaxation et acupuncture, médicaments contre la douleur (anti-inflammatoires du type Célécoxib), anti-dépresseurs, groupes d'entraide...

L'évolution a long terme est le plus souvent une stabilisation des douleurs avec diminution des symptômes après 60 ans. Environ un tiers des patients semblent en guérir.

Par Systole
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Mardi 6 juin 2006

La Polyarthrite Rhumatoide (PR) est une maladie fréquente qui touche les articulations et éventuellement d’autres organes. Comme la plupart des maladies dites « rhumatologiques », on ignore la cause exacte mais certains mécanismes ont déjà été élucidés. A terme, la PR représente une proportion importante d’invalidité.

 

Epidémiologie : environ 1% de la population est touché par la PR, et les femmes sont atteintes 3-4 fois plus souvent que les hommes. Dans le sang des patients malades, on retrouve un certain antigène (HLA DR-4) dans 70% des cas, cependant un quart des sujets sains sont également positifs pour cet antigène.

Mécanismes physiopathologiques : la Polyarthrite Rhumatoïde fait partie de ces maladies qu’on appelle « auto-immunes » dans le sens où les cellules de défense du patient vont réagir contre des constituants de son propre corps. Dans le cas de la PR, les lymphocytes (cellules de l’immunité) vont attaquer des composants de la muqueuse qui tapisse les articulations (la synoviale). Ceci va conduire à une destruction lente et progressive des cartilages articulaires.

 

Symptômes et diagnostic : un patient atteint de PR va ressentir des symptômes généraux comme un amaigrissement, une transpiration pendant la nuit, des douleurs musculaires et éventuellement des lésions au niveau des ongles. De plus, les articulations vont être touchées : typiquement, ce sont d’abord les articulations des doigts qui sont atteintes, et ce des deux côtés et de manière simultanée. Avec le temps, la maladie va se propager éventuellement au niveau de la main, du poignet, ou d’autres articulations. Les membres sont douloureux quand on les mobilise et enflés, surtout le matin au réveil. L’inflammation des tendons au niveau du poignet peut conduire à un syndrome du canal carpien, c’est-à-dire la compression d’un nerf qui innerve la main (le nerf médian). Avec le temps, on pourra noter une déformation des mains et des doigts assez caractéristique. D’autres organes peuvent être touchés de façon facultative : le cœur et les poumons, même si aucun symptôme n’est décelé la plupart du temps, mais aussi les yeux (inflammation de la cornée et de la conjonctive = kératoconjonctivite).

Le diagnostic pourra être posé en fonction de l’histoire du patient, des signes typiques au niveau des articulations et des divers examens qui viendront compléter le bilan : radiographie, examen du sang avec dosage du « Facteur Rhumatoïde » et des facteurs d’inflammation.

 

Traitement et prise en charge : le traitement de la PR se base sur plusieurs axes. On pourra proposer au patient des moyens « physiques » comme la cryothérapie, les massages et la gymnastique, mais aussi des médicaments qui vont agir contre les douleurs que ressent le malade : anti-inflammatoires « classiques » et sélectifs, Corticoïdes et substances anti-rhumatismales (Méthotrexate, Hydroxychloroquine). Depuis quelques années, on a mis au point des anticorps (anti-TNF alpha) agissant au niveau des molécules qui provoquent l’inflammation. Enfin, l’injection de substances radio-actives (radiosynoviorthèse) et des interventions chirurgicales visant à ôter la synoviale ont également fait leurs preuves dans les cas difficiles.

Par Systole
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Mercredi 19 juillet 2006

La Spondylarthrite ankylosante (SPA) est une maladie inflammatoire qui touche principalement les articulations au niveau des vertèbres et du bassin. Cependant, d’autres articulations et même d’autres organes peuvent être mis en cause.

 

Epidémiologie : La Spondylarthrite ankylosante (ou maladie de Bechterew) touche près d’1% de la population européenne, ce qui en fait une pathologie relativement fréquente. On la retrouve trois fois plus souvent chez les hommes, et d’une manière générale, les patients commencent à souffrir de cette maladie vers 20-40 ans.

Mécanismes physiopathologiques : on sait qu’une prédisposition génétique existe assez clairement. En effet, on peut mettre en évidence chez plus de 90% des patients avec une SPA un certain composant sanguin, l’antigène HLA-B27, qui est présent chez seulement 10% de la population non atteinte par cette maladie. Par contre, le « Facteur Rhumatoïde », souvent présent dans la Polyarthrite Rhumatoïde, n’est pas fréquemment associé à la SPA, qui est ainsi catégorisée comme une spondylarthrite dite « séronégative », au même titre que l’Arthrite réactionnelle (maladie de Reiter) ou les troubles articulaires liés au psoriasis ou aux maladies inflammatoires digestives. On ignore par contre quelle est l’origine de cette inflammation qui va mettre à mal les articulations de ces patients.


Symptômes de la SPA : on retrouve classiquement des douleurs au niveau du bassin et des fesses (sacro-iliite) qui sont les plus fortes en intensité la nuit et le matin au réveil. De plus, le patient se plaindra de douleurs localisées à la colonne vertébrale, et ce surtout aux étages dorsaux et lombaires. Dans une certaine proportion de cas, on pourra également retrouver des douleurs articulaires aux extrémités ainsi qu’une inflammation douloureuse des tendons, par exemple au tendon d’Achille. Dans 25%, le patient se plaindra de plus de douleurs oculaires (inflammation de l’iris).

Prise en charge et traitement : la complication à long terme de cette maladie chronique étant l’enraidissement des articulations (ankylose) qui va provoquer une limitation marquée de la mobilité, des séances de kinésithérapie seront essentielles pour freiner la progression de la maladie. De plus, le patient pourra bénéficier de médicaments contre les douleurs, comme des anti-inflammatoires, ainsi que des corticoïdes lors de poussées sévères. L’utilisation de médicaments immunosuppresseurs comme le Méthotrexate ainsi que des anticorps anti-TNF-alpha n’est pas rare dans les formes réfractaires au traitement classique.

Par Systole
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Mercredi 29 novembre 2006

La maladie de Sjögren se définit par une inflammation des glandes lacrymales et des glandes salivaires, ce qui va induire une sécheresse des yeux et de la bouche. Il existe deux formes principales : l'une associée à une maladie rhumatologique (Sjögren secondaire) et l'autre sans cause sous-jacente (Sjögren primaire)

 
 


 

Epidémiologie et physiopathologie : le syndrome de Sjögren représente une pathologie relativement fréquente qu'on retrouve dix fois plus souvent chez les patients de sexe féminin. Etant donné son association avec des pathologies rhumatologiques, des anticorps spécifiques tels que le HLA-DR2 ou HLA-DR3 sont parfois retrouvés. En effet, des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou d'autres maladies qui impliquent le collagène (une protéine essentielle dans la structure des os et des muscles, entre autres) ont parfois un syndrome de Sjögren. Les personnes avec une hépatite C ou une cirrhose biliaire primitive peuvent également souffrir d'un Sjögren.

 


 

Symptômes : l'inflammation à long terme des glandes lacrymales (qui produisent les larmes) et des glandes salivaires va provoquer une sécheresse des yeux (xérophtalmie) et de la bouche (xérostomie). Le patient ressent une sensation de brûlure ou a l'impression d'avoir un corps étranger dans l'oeil. Des ulcérations de la cornée, c'est-à-dire une brêche de la surface de l'oeil, sont une complication possible étant donné que le film lacrymal n'est plus produit en quantité suffisante pour protéger l'oeil. On recherchera également une maladie rhumatologique, auquel le syndrome de Sjögren est souvent associé, ainsi qu'une tendance aux allergies. A noter que le développement d'un lymphome malin (tumeur originaire des ganglions lymphatiques) est la complication la plus redoutée et qu'elle survient dans 6% des cas de Sjögren.

 


 

Diagnostic et traitement : les plaintes du patient, associées à un examen minutieux par un ophtalmologue mettront en évidence une inflammation chronique de la cornée (kératite). On effectuera un test de Schirmer, qui permet de mesurer en quelques minutes la production des larmes, insuffisante dans le syndrome de Sjögren. Des examens de laboratoire seront demandés.

 

Le traitement vise principalement à soulager les symptômes du patient : collyres pour humidifier les yeux, pâte à mâcher pour stimuler la production de salive. Des mesures simples telles qu'une bonne hydratation et la protection des yeux avec des lunettes, notamment lors de fort vent, sont également utiles. Certains médicaments tels que la Bromhexine ou la pilocarpine peuvent s'avérer efficaces pour augmenter la production salivaire et lacrymale. Enfin, dans les cas de Sjögren secondaire, il s'agira bien entendu de prendre en charge la pathologie rhumatologique du patient.


Par Systole
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