Mercredi 29 novembre 2006

La maladie de Sjögren se définit par une inflammation des glandes lacrymales et des glandes salivaires, ce qui va induire une sécheresse des yeux et de la bouche. Il existe deux formes principales : l'une associée à une maladie rhumatologique (Sjögren secondaire) et l'autre sans cause sous-jacente (Sjögren primaire)

 
 


 

Epidémiologie et physiopathologie : le syndrome de Sjögren représente une pathologie relativement fréquente qu'on retrouve dix fois plus souvent chez les patients de sexe féminin. Etant donné son association avec des pathologies rhumatologiques, des anticorps spécifiques tels que le HLA-DR2 ou HLA-DR3 sont parfois retrouvés. En effet, des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou d'autres maladies qui impliquent le collagène (une protéine essentielle dans la structure des os et des muscles, entre autres) ont parfois un syndrome de Sjögren. Les personnes avec une hépatite C ou une cirrhose biliaire primitive peuvent également souffrir d'un Sjögren.

 


 

Symptômes : l'inflammation à long terme des glandes lacrymales (qui produisent les larmes) et des glandes salivaires va provoquer une sécheresse des yeux (xérophtalmie) et de la bouche (xérostomie). Le patient ressent une sensation de brûlure ou a l'impression d'avoir un corps étranger dans l'oeil. Des ulcérations de la cornée, c'est-à-dire une brêche de la surface de l'oeil, sont une complication possible étant donné que le film lacrymal n'est plus produit en quantité suffisante pour protéger l'oeil. On recherchera également une maladie rhumatologique, auquel le syndrome de Sjögren est souvent associé, ainsi qu'une tendance aux allergies. A noter que le développement d'un lymphome malin (tumeur originaire des ganglions lymphatiques) est la complication la plus redoutée et qu'elle survient dans 6% des cas de Sjögren.

 


 

Diagnostic et traitement : les plaintes du patient, associées à un examen minutieux par un ophtalmologue mettront en évidence une inflammation chronique de la cornée (kératite). On effectuera un test de Schirmer, qui permet de mesurer en quelques minutes la production des larmes, insuffisante dans le syndrome de Sjögren. Des examens de laboratoire seront demandés.

 

Le traitement vise principalement à soulager les symptômes du patient : collyres pour humidifier les yeux, pâte à mâcher pour stimuler la production de salive. Des mesures simples telles qu'une bonne hydratation et la protection des yeux avec des lunettes, notamment lors de fort vent, sont également utiles. Certains médicaments tels que la Bromhexine ou la pilocarpine peuvent s'avérer efficaces pour augmenter la production salivaire et lacrymale. Enfin, dans les cas de Sjögren secondaire, il s'agira bien entendu de prendre en charge la pathologie rhumatologique du patient.


Mercredi 19 juillet 2006

La Spondylarthrite ankylosante (SPA) est une maladie inflammatoire qui touche principalement les articulations au niveau des vertèbres et du bassin. Cependant, d’autres articulations et même d’autres organes peuvent être mis en cause.

 

Epidémiologie : La Spondylarthrite ankylosante (ou maladie de Bechterew) touche près d’1% de la population européenne, ce qui en fait une pathologie relativement fréquente. On la retrouve trois fois plus souvent chez les hommes, et d’une manière générale, les patients commencent à souffrir de cette maladie vers 20-40 ans.

Mécanismes physiopathologiques : on sait qu’une prédisposition génétique existe assez clairement. En effet, on peut mettre en évidence chez plus de 90% des patients avec une SPA un certain composant sanguin, l’antigène HLA-B27, qui est présent chez seulement 10% de la population non atteinte par cette maladie. Par contre, le « Facteur Rhumatoïde », souvent présent dans la Polyarthrite Rhumatoïde, n’est pas fréquemment associé à la SPA, qui est ainsi catégorisée comme une spondylarthrite dite « séronégative », au même titre que l’Arthrite réactionnelle (maladie de Reiter) ou les troubles articulaires liés au psoriasis ou aux maladies inflammatoires digestives. On ignore par contre quelle est l’origine de cette inflammation qui va mettre à mal les articulations de ces patients.


Symptômes de la SPA : on retrouve classiquement des douleurs au niveau du bassin et des fesses (sacro-iliite) qui sont les plus fortes en intensité la nuit et le matin au réveil. De plus, le patient se plaindra de douleurs localisées à la colonne vertébrale, et ce surtout aux étages dorsaux et lombaires. Dans une certaine proportion de cas, on pourra également retrouver des douleurs articulaires aux extrémités ainsi qu’une inflammation douloureuse des tendons, par exemple au tendon d’Achille. Dans 25%, le patient se plaindra de plus de douleurs oculaires (inflammation de l’iris).

Prise en charge et traitement : la complication à long terme de cette maladie chronique étant l’enraidissement des articulations (ankylose) qui va provoquer une limitation marquée de la mobilité, des séances de kinésithérapie seront essentielles pour freiner la progression de la maladie. De plus, le patient pourra bénéficier de médicaments contre les douleurs, comme des anti-inflammatoires, ainsi que des corticoïdes lors de poussées sévères. L’utilisation de médicaments immunosuppresseurs comme le Méthotrexate ainsi que des anticorps anti-TNF-alpha n’est pas rare dans les formes réfractaires au traitement classique.

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