Le terme de "conjonctivite" se réfère à une inflammation de la partie blanche et visible de l'oeil, la conjonctive (sic). C'est une affection très fréquente qui a de nombreuses causes (infectieuses et non-infectieuses), la plupart du temps sans trop de gravité, même si certaines peuvent être dramatiques sans traitement.
Epidémiologie : La conjonctivite est très fréquente, puisque tout le monde a déjà probablement vécu une telle situation (poussière, fumée, infection...)
Mécanisme physiopathologique et symptômes : la conjonctive est une couche très vascularisée qui protège l'intérieur de l'oeil des agressions externes. Lorsqu'il y a une infection (virale ou bactérienne) ou encore une inflammation due à des facteurs comme la fumée, un corps étranger ou une allergie, une réaction rapide va se mettre en place : l'oeil va devenir rouge (hyperhémie), des sécretions peuvent apparaître et une gêne ou une douleur vive vont surgir. On pourra également remarquer une augmentation de la sécrétion des larmes, des yeux collés au matin ou une sensation de pression.
Causes de conjonctivite et traitement : les causes sont très diverses mais il est possible de les séparer en deux grandes catégories (les infections et les processus non-infectieux).
Conjonctivites infectieuses :
Les conjonctivites virales (kératoconjonctivite épidémique) sont très fréquentes et sont dues le plus souvent à la famille des Adenovirus. Les deux yeux sont atteints de manière simultanée ou successive et l'affection disparait généralement en 10-15 jours de manière spontanée. On proposera cependant des larmes artificielles et l'application de compresses humides pour diminuer la gêne du patient, de même que des gouttes antibiotiques pour éviter une surinfection bactérienne.
Les conjonctivites bactériennes ont pour origine des germes comme le Staphylococcus epidermidis, le Staphylococcus aureus ou Streptococcus pneumoniae. Les sécrétions seront plutôt purulentes (blanc, jaunes) et donneront des croûtes jaunâtres. Pour le traitement, on associera généralement des pommades ou des collyres antibiotiques (tétracyclines, chloramphénicol) avec des corticoïdes locaux pour diminuer l'inflammation et la douleur.
Certaines bactéries comme les Gonocoques sont particulièrement redoutables dans la mesure où ils peuvent provoquer une perforation de la cornée si la conjonctivite n'est pas traitée. Cette bactérie est souvent retrouvée également dans les urines du patient (urétrite à gonocoques, gonorrhée ou plus joliment "chaude pisse", ne provoquant souvent que peu de symptômes), ce qui est plutôt fréquent, puisqu'aux Etats-Unis, 25% de la population jeune est infectée!!!
Citons encore l'exemple du Pseudomonas, une autre bactérie qui peut provoquer un ulcère de la cornée et qui est souvent mise en cause lors d'un port abusif des lentilles de contact (mauvaise hygiène des lentilles, date limite dépassée).
Enfin, la conjonctivite à Chlamydia se retrouve sous deux formes, celle à inclusion (sérotypes D-K) et le trachome (types A-C). Cette dernière forme, rare dans nos contrées, représente une cause de cécité majeure dans les pays en voie de développement.
Conjonctivites non-infectieuses :
Une conjonctivite peut également être due à des irritants (fumée, poussières) ou une allergie, que ce soit dans le cadre d'une inflammation du nez associée (rhinite allergique) ou dans une atopie (patient présentant une asthme, un rhume des foins ou une dermatite atopique). Le traitement repose également sur des larmes artificielles, des compresses et des collyres spéciaux (corticoïdes, anti-histaminiques).
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Le Glaucome se définit comme un groupe d'affections qui provoquent une
"dégradation" progressive et chronique du nerf optique, et dont le facteur principal est l'augmentation de la pression dans l'oeil. Malgré sa fréquence très importante, il est souvent
sous-diagnostiqué en raison des symptômes qui passent inaperçus puisque la progression est très lente, mais irrémédiable sans traitement.
Epidémiologie : La fréquence du glaucome est impressionnante dans la population, puisqu'environ 1-3% des
gens sont touchés. Ce pourcentage atteint les 10% chez les personnes de plus de 70 ans, ce qui fait du glaucome l'une des causes majeures de cécité dans les pays industrialisés avec la
rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Parmi les facteurs de risque principaux, on citera l'âge (la pression dans l'oeil augmente avec les années), certaines éthnies
davantage prédisposées (Asiatiques, Africains) et le fait d'avoir des personnes avec un glaucome dans sa famille.
Mécanismes physiopathologiques : Certaines parties de l'oeil comme la cornée et le cristallin (lens) sont
nourries par l'humeur aqueuse, le liquide qui se trouve dans le globe oculaire. Cette humeur aqueuse génère une pression dans l'oeil nécessaire à son bon
fonctionnement et circule avant d'être réabsorbée par une région appelée le Trabeculum, située au niveau de l'angle entre l'iris et la cornée
(angle irido-cornéen). Si la pression est trop élevée ou si l'angle irido-cornéen est fermé, ceci va avoir des répercussions aux niveaux des vaisseaux
situés en arrière de l'oeil et provoquer une lente dégradation du nerf optique.
Il existe différents types de glaucomes mais la conséquence est toujours la même : l'humeur aqueuse ne peut pas être réabsorbée de manière
correcte, ce qui va provoquer une lésion du nerf optique. Voici les types principaux :
- Le Glaucome chronique à angle ouvert (Glaucome simple), qui rend compte de 90% de
tous les glaucomes. Dans ce cas, la pression intra-oculaire et trop élevée (normale = environ 15 mm Hg).
- Le Glaucome secondaire à angle ouvert : des dépôts vont s'accumuler au niveau du
trabeculum (cas du glaucome pigmentaire ou du glaucome pseudo-exfoliatif)
- Le Glaucome à angle fermé : l'humeur aqueuse ne peut s'écouler en raison d'un
blocage chronique au niveau de l'iris ou du trabeculum, qui peut être secondaire à une autre maladie de l'oeil.
- Le Glaucome aigu : la crise de glaucome survient de manière plus tapageuse. Le
patient présente des douleurs oculaires importantes, des maux de tête et des troubles gastro-intestinaux. La pression intra-oculaire est extrêmement élevée en raison d'un blocage sur la pupille.
Une intervention d'urgence est necessaire.
- Le Glaucome congénital : Enfant naissant avec un glaucome et présentant de "beaux grands yeux bleus"... Une intervention rapide est
également souhaitée pour éviter une perte de vision irréversible.
Symptômes cliniques : les lésions au niveau du nerf optique vont provoquer chez le patient une diminution
progressive de son champ visuel, qui va se rétrécir pour résulter au stade final où la personne ne verra plus que ce qui est directement devant lui ou pire encore, sera totalement aveugle. Le
développement de la maladie se faisant sur de nombreuses années, une personne ne se rend souvent pas compte de la diminution de son champ visuel avant le stade terminal, d'où l'utilité des
contrôles chez un ophtalmologue, qui pourra mesurer par des méthodes simples la pression intra-oculaire et regarder la rétine et le nerf optique.
le champ visuel chez une personne normale (en haut) et après évolution d'un glaucome (en
bas)
Traitement : il dépend du type de glaucome, mais d'une manière générale, on pourra utiliser divers
médicaments, le plus souvent en gouttes oculaires, qui vont permettre de baisser la pression intra-oculaire (beta-bloquants, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique, dérivés des prostaglandines).
Dans le cas où il y une obstruction du flux liquidien, une intervention chirurgicale sera envisagée. Un autre aspect tout aussi important sera le contrôle régulier de la pression intra-oculaire,
qui pourra être mesurée par le médecin (tonométrie par aplanation) ou par le patient lui-même au moyen d'un instrument. Des contrôles du champ visuel seront également prévus pour évaluer la
progression ou la stabilisation du déficit.
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L'Uvéite représente l'inflammation de l'uvée, une structure de l'oeil se trouvant entre la rétine et la
sclère. De nombreuses maladies systémiques (du corps entier) peuvent la causer, telles que des pathologies rhumatismales, des infections ou des maladies inflammatoires
générales.
On subdivise l'uvée ou couche pigmentaire vasculaire en trois parties : l'iris (ce qui donne la
couleur à l'oeil) en avant, le corps ciliaire juste derrière et enfin la choroïde, une couche située entre la rétine (qui permet de traiter
l'information visuelle) et la sclère qui englobe l'oeil et le protège. Une inflammation de ces trois structures s'appelle respectivement un iritis (uvéite antérieure), une
cyclite (uvéite intermédiaire) et une chroïdite (ou encore uvéite postérieure).
schéma de
l'oeil
L'iritis et l'irido-cyclite (=iritis+cyclite) aiguës
Cette inflammation a souvent une origine immunologique, c'est-à-dire que des anticorps, sensés protéger notre organisme,
attaquent les propres constituants de notre corps. Ainsi des réactions allergiques ou des maladies rhumatologiques (telles que la Spondylarthrite ankylosante, le syndrome de
Reiter) peuvent être à l'origine d'une irido-cyclite. L'inflammation peut également être secondaire à une maladie générale comme la Sarcoïdose, pathologie mal
connue qui peut atteindre les poumons et le système nerveux. Enfin, des infections comme la Tuberculose, la Syphilis ou la Lèpre peuvent
provoquer une irido-cyclite. Le patient ressentira une douleur sourde à l'intérieur de l'oeil ou des céphalées frontales. De plus, des troubles de la vue ou un larmoiement seront fréquemment
associés. Un examen à la lampe à fente par un spécialiste (ophtalmologue) permettra de mettre en évidence une injection de cette zone ainsi que la présence de cellules flottant dans cette partie
de l'oeil habituellement totalement transparente. Un liquide purulent (hypopion) ou une hémorragie (hyphema) à l'intérieur de l'oeil sont possibles, ce qui peut provoquer des complications
fâcheuses telles qu'un glaucome aigu ou des adhérences entre l'iris et des structures voisines (la cornée en avant, le cristallin en arrière). Le traitement se base sur une antibiothérapie locale
et des antiviraux, de même que des corticoïdes qui vont diminuer l'inflammation. On administrera de plus des mydriatiques, substances qui permettent d'agrandir la pupille (la partie noire de
l'oeil) afin de soulager le patient et de diminuer le risque d'adhérences.
A noter que dans un quart des cas, une forme chronique se développe.
La Choroïdite
L'inflammation de la partie postérieure de l'uvée est nettement moins fréquente que l'irido-cyclite, mais partage de
nombreuses causes, notamment infectieuses (Toxoplasmose, Syphilis) ou autres (Sarcoïdose). Les maladies des articulations ne créent généralement pas d'uvéite postérieure, par
contre. La Choroïdite est le plus souvent indolore car la couche choroïde ne contient pas de fibres nerveuses de la sensibilité. Le traitement se base également sur des antibiotiques et des
anti-inflammatoires stéroïdiens (corticoïdes).
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