Lundi 9 octobre 2006

L’Ulcère gastroduodénal se définit comme une brêche au niveau de la paroi de l’estomac ou du duodénum, la première partie de l’intestin grêle. Le rôle de la bactérie Helicobacter pylori a été largement démontré, de même que d’autres co-facteurs comme le tabagisme.

 

Epidémiologie : on estime à environ 10% la probabilité pour un individu de souffrir d’un ulcère gastroduodénal au cours de sa vie, le plus souvent après l’âge de 50 ans. A ce même âge, environ 50% de la population totale est infectée avec Helicobacter pylori, qui est un déterminant majeur dans le développement de cette maladie.


Mécanismes physiopathologiques : un ulcère gastrique est une érosion de la paroi de l’estomac, l’organe qui s’occupe de la digestion des aliments grâce à de nombreuses enzymes qui « découpent » la nourriture en petit morceaux, tandis que l’intestin grêle permet la réabsorption dans l’organisme des substances nutritives élémentaires. Certains facteurs comme une infection à H. pylori, le tabagisme ou le stress jouent un rôle dans la formation d’une gastrite (inflammation de l’estomac) et d’un ulcère en augmentant notamment la quantité d’acide dans l’estomac. On citera également les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (aspirine et apparentés) qui, à forte dose et à long terme, peuvent provoquer un ulcère, de même que certains syndromes tumoraux rares comme le Zollinger-Ellison qui prédisposent à la maladie ulcéreuse.


Symptômes et diagnostic : le patient souffrant d’un ulcère gastroduodénal se plaindra de douleurs au niveau du ventre, généralement dans la partie haute et centrale (épigastre). Ces douleurs sont souvent apaisées par la prise de nourriture ou d’anti-acides. Il n’est pas possible de distinguer un ulcère localisé à l’estomac d’un ulcère du duodénum sur la seule base des symptômes. Pour cela, il faudra pratiquer une endoscopie, examen diagnostique dans tout les cas : il s’agit de passer un tube par la bouche pour visualiser la paroi du système digestif haut. L’intervention est généralement pratiquée sous anesthésie locale.


Traitement : des mesures de base telles que l’arrêt des anti-inflammatoires (si le patient en prenait) sont essentielles. Par contre, aucun aliment n’a démontré une réelle efficacité dans l’amélioration d’un ulcère, malgré certaines croyances (lait, crème…). Le traitement médicamenteux se base sur l’association d’inhibiteurs de la pompe à protons comme l’oméprazole et sur une cure d’antibiotiques au cas où il y a une infection à H. pylori (le plus souvent). L’éradication de cette bactérie permet un traitement efficace et une diminution massive des récidives (de 75% sans traitement à 10% après la cure).

 

Complications de l’ulcère : non traité, un ulcère gastroduodénal peut être à l’origine de nombreuses complications telles que des hémorragies digestives ou même une perforation (plutôt rare). Le risque tumoral associé à un ulcère est non-négligeable dans le cas d’une localisation à l’estomac, tandis qu’il est peu probable si l’ulcère se situe au niveau du duodénum.
Vendredi 18 août 2006

La Maladie de Crohn (ou Entérocolite régionale) fait partie de la catégorie des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif. Un mécanisme auto-immunitaire semble jouer un rôle prépondérant, ce qui a permis de cibler la prise en charge médicamenteuse.

 

Epidémiologie : Chaque année, on diagnostique chez environ trois personnes sur 100'000 une maladie de Crohn. Une prédisposition génétique existe clairement puisqu’on sait que chez les patients avec certains gènes ayant subi une mutation (NOD2, R702W…), l’incidence de la maladie est nettement plus importante.

Mécanismes physiopathologiques : On pense que la maladie de Crohn fait partie de ces pathologies dites « auto-immunes », c’est-à-dire que nos cellules de défense (dans ce cas les lymphocytes T) vont attaquer sans relâche les constituants de notre corps et donc provoquer une inflammation chronique. Toute partie du tube digestif (de la bouche à l’anus) peut être touchée dans le Crohn, mais le plus souvent, l’atteinte est limitée à l’iléon (la dernière partie de l’intestin grêle) et le côlon. La survenue de la maladie de Crohn apparaît le plus souvent entre 20 et 40 ans, mais des enfants peuvent déjà ressentir les premières manifestations.

 

Symptômes : un patient avec une maladie de Crohn ressentira des douleurs abdominales à type de crampes et souffrira de diarrhées, le plus souvent sans trace de sang (à la différence de la recto-colite ulcéro-hémorragique (RCUH), une autre maladie inflammatoire digestive). Face au caractère chronique des symptômes, des spécialistes pourront mettre en évidence la maladie au moyen de biopsies, à savoir des prélévements de la muqueuse digestive, qui vont montrer une atteinte caractéristique. Des examens radiologiques (échographie, radios, IRM) auront également leur utilité. On sera particulièrement attentif à rechercher des complications telles que des douleurs articulaires (20%), une inflammation de l’œil ou encore des lésions au niveau de la peau ou des voies biliaires. Des abcès au niveau de l’anus ainsi que des fistules viennent souvent compléter le tableau. Une fistule est la formation d’un canal qui met en communication deux segments digestifs.


Evolution : la maladie se comporte par poussées, c’est-à-dire que les symptômes surviennent durant une période (quelques semaines) et disparaissent ensuite. Une nouvelle poussée peut survenir dans l’année ou après de nombreux mois de calme. Avec le temps, on recherchera certaines complications comme une mauvaise absorption (malabsorption) des aliments par le tube digestif qui est lésé, ce qui peut provoquer des carences, notamment en vitamine B12 et conduire à une anémie (diminution des globules rouges dans le sang). Le risque de développer une tumeur digestive est présent, mais se révèle cependant netttement moins important que dans la RCUH.


Traitement et prise en charge : En premier lieu, on évitera les aliments que le patient supporte mal et on veillera à substituer les constituants qui sont mal absorbés (vitamines, protéines…). Une panoplie de médicaments existe pour contrer les effets néfastes de cette inflammation : la Mésalazine pour les poussées modérées, les Corticoïdes pour celles qui sont plus sévères, ainsi que certains médicaments dits « immunosuppresseurs » tels que l’Azathioprine ou encore des anticorps spécifiques (anti-TNF-alpha). Avec le temps, on songera à des interventions chirurgicales destinées à enlever une partie de l’intestin inflammé, ce qui survient chez près de 80% des patients atteints d’un Crohn depuis plus de 10 ans. Enfin, des contrôles par colonoscopie seront également effectués de manière régulière afin de dépister un éventuel cancer.

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