Recherche

Maladies de la peau

Jeudi 23 février 2006
Le Zona est une maladie infectieuse qui a des répercussions au niveau cutané. L'agent impliqué est le virus herpétique Varicelle-Zona Virus (VZV). Comme son nom l'indique, c'est le même virus qui provoque la varicelle, affection qui survient généralement pendant l'enfance ou la jeunesse. Ainsi, on en déduit que le Zona consiste en une réactivation de ce même virus.


Epidémiologie : on pense qu'environ 10% des personnes ayant eu la varicelle réactiveront ce virus et souffriront du Zona (herpès zoster), généralement vers l'âge de 50-70 ans, même s'il peut survenir durant l'enfance ou la jeunesse.


Mécanismes physiopathologiques : Après une première infection par le VZV (=varicelle), le virus reste caché au niveau des ganglions nerveux sensitifs de la moelle épinière ou du crâne.  Sous l'influence de certains événements (stress, maladie...), le virus se réveille et migre au niveau de la peau qui est innervée par le nerf "infecté" : c'est le Zona.

Symptômes cliniques : on retrouve tout d'abord chez le patient atteint de Zona de fortes douleurs au niveau de la peau, que ce soit sur le torse et le dos (si le virus était dans un ganglion de la moelle) ou sur le visage (si le virus était caché dans un nerf crânien). Après cette première phase d'environ une semaine, on remarque sur la peau du patient un amas de petites vésicules (claires) qui se trouvent sur le trajet du nerf infecté par le virus. On notera d'ailleurs que les douleurs et les manifestations de la peau se trouvent quasiment toujours sur une moitié du corps, vu que chaque ganglion nerveux innerve la moitié gauche ou droite. Après cette phase d'éruption, les vésicules vont se transformer en croûtes et vont sécher petit à petit.

Les Complications possibles : on citera le zona ophtalmique, c'est-à-dire l'atteinte par le virus d'un oeil. Cette complication redoutable peut survenir lors d'un Zona du visage. Chez un patient qui a une diminution de l'immunité (SIDA, transplanté), le Zona peut se manifester sous des formes très étendues.

Les Névralgies post-Zosteriennes : il s'agit de douleurs intenses de type "nerveuses" survenant après la disparition du Zona à proprement parler. Afin d'en diminuer l'intensité, un traitement antiviral durant la phase "Zona" est particulièrement important.

Traitement du Zona : médicament antiviral (Acyclovir). Traitement des douleurs post-zosteriennes : on essayera progressivement des analgésiques de puissance croissante (Paracétamol, Aspirine... Dérivés de la morphine et antiépileptiques ou Gabapentine/Prégabaline dans les cas difficiles...)

NB : Après une réactivation du VZV qui se manifestera sous la forme d'un Zona, une nouvelle réactivation est heureusement très rare.


Cliquez ici pour voir quelques photos...

Par Systole
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Samedi 4 mars 2006
L'Eczéma de Contact est une maladie qui se caractérise par une réaction inflammatoire de la peau au contact d'un produit particulier (allergène). Il est à différencier de l'Eczéma atopique (qui intervient sur un terrain allergique génétique) mais aussi de l'Urticaire, une réaction immédiate à un allergène.


Epidémiologie : environ 1-5% de la population souffre d'Eczéma de contact dans les populations occidentales. L'utilisation massive de produits chimiques (cosmétiques, nettoyage) est probablement responsable d'une telle augmentation.


Mécanisme physiopathologique : le contact de la peau avec un produit allergisant va provoquer la sensibilisation de certaines cellules, dont les Lymphocytes T qui sont impliqués dans la défense de l'organisme (immunité). Une fois que la peau est à nouveau en contact avec cet allergène, on notera une réaction inflammatoire dans les 24-48h qui provoquera un eczéma de contact.

Symptômes cliniques : apparition de vésicules (petites bulles) sur la peau au niveau de la zone de contact avec l'allergène. Démangeaison importante (prurit) et plaques rouges. S'il n'y a pas de traitement précoce, la répétition du contact avec un produit allergène va créer un eczéma chronique dû au grattage de la personne sur la peau qui démange : épaississement de la peau et crevasses.

Allergènes les plus fréquents : on dénombre >4000 molécules qu'on peut trouver dans des produits nettoyants (crèmes, lotions), cosmétiques, parfums, ainsi que des métaux comme le Nickel (montres!) ou le Chrome (présent dans le ciment et pour le traitement du cuir). Certains médicaments (crèmes antibiotiques, anesthésiants) sont également allergisants.

Traitement : il est clair que le traitement le plus important consiste à éviter d'entrer à nouveau en contact avec le produit allergisant, ce qui implique une enquête soigneuse sur ce qui a pu changer dans les 48h avant l'apparition de l'Eczéma (nouvelle lessive, nouveau parfum, crème?). La provocation d'un eczéma miniature (test épicutané de provocation, patch-test) montrera si effectivement le bon allergène a été trouvé.

 Malheureusement, on peut imaginer que si une personne est allergique à un produit qu'il rencontre dans le milieu professionnel, il peut être difficile de l'éviter et parfois, cela peut aller jusqu'au changement d'orientation!
En dehors de cette mesure indispensable, on peut appliquer des bandes humides, éventuellement des corticoïdes ou des rayons UVA.

NB : Au contraire de l'Eczéma atopique (dermatite atopique), il n'est pas possible de se désensibiliser dans le cadre de l'Eczéma de contact.


quelques photos ici...


Par Systole
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Samedi 18 mars 2006
Le Mélanome est le cancer de la peau le plus agressif. Malgré les progrès dans son dépistage et son traitement, sa prévalence est en nette augmentation, surtout chez la population occidentale.


Epidémiologie : Le Mélanome touche environ 12 personnes sur 100 000 habitants chaque année, ce qui donne un risque d'environ 1% sur une vie. Ceci en fait un cancer moins fréquent que celui du poumon, du sein et du côlon. Néanmoins, on remarque une nette augmentation ces dernières années, surtout chez les personnes à peau claire.


Mécanismes physiopathologiques : un cancer consiste en des déréglements cellulaires qui vont provoquer une multiplication (prolifération) incontrôlée de cellules malignes. Dans le cas du mélanome, il s'agit des mélanocytes, des cellules de la peau qui lui donnent sa pigmentation (couleur). Ces cellules malignes peuvent se développer à partir d'un "grain de beauté" (naevus) qui est anormal (dysplasique) ou directement à partir de la peau normale. Le mélanome peut alors s'étendre en surface ou infiltrer directement les tissus sous la peau, ce qui pourra donner lieu à une invasion des ganglions lymphatiques et d'autres organes (métastases), comme l'os ou le cerveau.


Signes cliniques : un mélanome peut prendre des aspects très différents et seul un spécialiste peut faire un diagnostic. Néanmoins, un contrôle personnel s'avère tout aussi important, si ce n'est davantage, dans la prise en charge de "grains de beauté" suspects. Face à une "tache" mal délimitée, non arrondie, avec plusieurs couleurs et de diamètre plus important de 6 mm, il serait tout à fait opportun de consulter un dermatologue, d'autant plus si la lésion a évolué rapidement ou si elle est en relief. Les mélanomes peuvent apparaître presque à n'importe quel endroit de la peau, mais plus souvent au niveau du dos, de la poitrine et des jambes. Attention de ne pas oublier de surveiller certaines régions comme l'intérieur de la bouche, le cuir chevelu, la plante des pieds et les ongles.


Facteurs de risque : plusieurs caractéristiques d'un individu peuvent augmenter ses chances de faire un mélanome : une exposition massive aux rayons solaires (coups de soleil!!), la présence de nombreux neavi ou le fait d'avoir déjà eu un mélanome auparavant!


Traitement : il requiert un geste chirurgical pour enlever la tumeur et éventuellement les ganglions touchés. Dans les cas avancés, on procédera également à un traitement chimiothérapeutique. Après l'intervention, un contrôle pluri-annuel est de rigueur.


Par Systole
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 19 mars 2006
Le Psoriasis est une maladie cutanée qui provoque l'apparition chronique de plaques rouges et croûteuses au niveau de certaines régions de prédilection telles que les genoux, les coudes et le cuir chevelu, mais d'autres zones peuvent être touchées.


Epidémiologie : Le Psoriasis est l'une des pathologies dermatologiques les plus fréquentes dans nos contrées, puisqu'il touche 1-3% des personnes vivant en Europe occidentale. Il est cependant rare chez les personnes noires et Indiennes.

Mécanisme physiopathologique : La cause sous-jacente à cette maladie n'a pas été clairement mise en évidence, mais des mécanismes génétiques entrent probablement en jeu. Il existe deux types : dans le type I, les patients sont atteints avant 40 ans et des anomalies au niveau de certains gènes précis ont été démontrées. Dans le type II, les patients sont touchés après 40 ans et il n'y a pas d'évidence génétique. Parmi les facteurs qui précipitent (attention, ce n'est pas la CAUSE!) la survenue de ces plaques, on citera des infections (angine), des médicaments, l'abus d'alcool et le stress. Chez certains patients, le fait de se blesser à un endroit donné va provoquer la survenue des plaques psoriasiques (phénomène de Köbner).

Symptômes cliniques : on trouve typiquement des plaques rouges, brillantes et croûteuses qui se détachent (squames) au niveau du scalp, des zones d'exposition comme les coudes et les genoux, mais aussi les mains, les pieds et le bas du dos. Dans certaines formes de Psoriasis, les lésions cutanées ont un aspect différent de pustules ou encore une étendue massive (érythrodermie psoriasique).

Traitement : on utilisera des médicaments topiques (locaux) tels que des émollients (Anthraline, goudrons) pour ramollir et détacher les plaques, des corticoïdes ou des analogues de la vitamine A (rétinoïdes). On peut également faire appel à des séances de rayons UV associés au Psoralène (PUVA-thérapie) et des bains d'eau de mer (balnéothérapie). Dans les formes sévères, pouvant par exemple toucher les articulations, on pensera également à des rétinoïdes et des immunosuppresseurs (Méthotrexate).

Les formes de Psoriasis peuvent être très variables, mais il est clair que l'impact au niveau social a son importance, c'est pourquoi une prise en charge psychologique peut s'avérer adéquate si besoin.



Par Systole
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés