Mécanismes physiopathologiques et symptômes : l'oreille interne est formée de deux composants majeurs, la cochlée ou colimaçon qui sera utile pour le traitement des ondes sonores en stimuli électriques (audition) et les canaux semi-circulaires (équilibre), contenant un liquide qui va se mouvoir en fonction des mouvements de la tête. Dans la maladie de Ménière, une perturbation au niveau du liquide (hydrops endolymphatique) va provoquer des crises de quelques heures qui vont se caractériser par des vertiges intenses, soit la sensation que les objets tournent autour de soi, ce qui va causer des nausées et des vomissements. De plus, les patients ressentiront souvent un déficit de l'audition et des acouphènes (sons désagréables perçus sans stimulation réelle). La fréquence des crises s'avère très variable selon les patients (une par année... une par semaine...), ce qui plonge la personne dans un état d'abattement dans la mesure où les crises sont imprévisibles.
De plus, avec la répétition des crises, l'audition va récupérer de moins en moins bien et chez certains patients, on notera un déséquilibre permanent.
Traitement : la prise en charge d'un patient avec une maladie de Ménière avérée (plus de deux crises d'au moins vingt minutes avec troubles typiques de l'équilibre et de l'audition) sera de prime abord médicamenteuse. On utilisera des antagonistes de l'histamine comme le métoclopramide pour diminuer les vomissements et les nausées. A titre préventif, et ce afin de diminuer le risque d'une nouvelle crise, le patient prendra quotidiennement des médicaments comme le dichlorydrate de bétahistine ou encore la flunazirine. La mise en place d'un aérateur à travers le tympan a montré être très efficace également.
Lorsque les médicaments ne parviennent pas à diminuer ou stopper les "crises", on songera à des interventions chirurgicales diverses (sacculotomie, neurectomie vestibulaire) qui sont très efficaces mais qui impliquent un risque de surdité non négligeable (environ 15%).
Une prise en charge psychologique s'avèrera importante pour ces patients qui se sentent souvent incompris, anxieux à l'idée de sortir, de peur de subir une nouvelle crise et d'être pris pour des alcooliques par des passants (vertiges, vomissements...).
Le terme "otite" traduit une inflammation de l'oreille qui peut siéger à différents niveaux. L'otite la plus fréquente se situe au niveau de l'oreille moyenne et il s'agit d'une affection bénigne et fréquente causée par une infection bactérienne, mais qui peut avoir des complications sérieuses si elle n'est pas prise en charge à temps.
Epidémiologie : l'otite moyenne aiguë est très fréquente, puisque 90% des enfants ont déjà vécu un tel épisode avant l'âge scolaire. elle peut également toucher l'adulte, mais moins souvent.
Mécanismes physiopathologiques : L'otite moyenne est une surinfection bactérienne conséquence d'une infection virale des voies respiratoires supérieures (pharynx le plus souvent) qui va provoquer une inflammation et une obstruction dans la région. Les organismes bactériens impliqués dans la majorité des cas portent les doux noms de Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae et Moraxella catarrhalis.
Symptômes cliniques : une otite se manifeste typiquement par des douleurs au niveau de l'oreille atteinte, augmentées la nuit, avec une diminution de l'audition et de la fièvre. Chez l'enfant, on remarquera volontiers des douleurs abdominales.
Traitement : il repose sur un antibiotique (exemple Amoxicilline et acide clavulanique), mais aussi sur des anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou des fébrifuges pour traiter la fièvre et la douleur. On peut éventuellement associer des gouttes nasales pour décongestionner le nez mais l'efficacité n'a pas réellement été démontrée. Si le traitement n'apporte pas d'amélioration dans les 48h, il faudra effectuer une incision au niveau du tympan pour drainer l'écoulement purulent (paracentèse).
Complications : si l'otite n'est pas prise en charge rapidement, on peut s'attendre à des complications fâcheuses comme un abcès au niveau de l'os mastoïde (mastoïdite aiguë, derrière l'oreille), mais aussi un abcès intracérébral, une infection des méninges (méningite) et même une paralysie du visage.

