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Maladies ORL

Samedi 11 mars 2006
La Rhinosinusite se traduit par une inflammation de la muqueuse nasale et des sinus et représente l'une des premières causes d'absences scolaires et d'absentéisme. Elle s'illustre également par la prescription abusive d'antibiotiques de la part des médecins, poussés par les attentes des patients.


Mécanismes physiopathologiques : l'inflammation du nez (rougeur, congestion, douleur) va provoquer une obstruction des orifices de drainage des sinus, des cavités remplies d'air dont on ignore encore la véritable utilité. Cette obstruction des sinus va ainsi induire une infection par des virus le plus souvent, mais parfois par des bactéries comme le Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) ou Haemophilus influenzae. A noter qu'une sinusite peut être aussi secondaire à un problème dentaire.

Symptômes cliniques : le patient atteint de sinusite va présenter une obstruction nasale (nez bouché), un écoulement et des douleurs ou une pesanteur au niveau frontal (sinus frontal) ou sous les yeux (sinus maxillaire), surtout le matin et lorsqu'il penche par exemple la tête en avant.





Traitement : dans deux-tiers des cas, il s'agit d'une sinusite virale et elle guérira spontanément, avec l'aide éventuellement de décongestionnants nasaux ou de corticostéroïdes locaux. Si la sinusite persiste au-delà d'une semaine, il s'agirait plus vraisemblablement d'une cause bactérienne et dans ce cas, la prescription d'un antibiotique est valable. Exemples : Amoxicilline et Clavulanate. La seule manière de prouver cependant qu'une bactérie est bien la cause serait de faire un prélévement au niveau nasal. Le résultat de la culture parvient dans les 24-48h.

La prescription abusive d'antibiotiques est à l'origine de coûts de la santé très importants et de résistance de souches bactériennes, donc rappelons-nous de la publicité visant à sensibiliser les gens à ce sujet : "Les antibiotiques, c'est pas automatique!"

Quelques mots enfin sur la Sinusite chronique, qui traduit un état inflammatoire récurrent ou persistant des cavités sinusiennes dû à un drainage insuffisant faisant suite à une infection, une inflammation chronique ou une allergie. L'obstruction d'un ostium (trou) sinusien peut également provoquer une sinusite chronique. Les traitements médicamenteux sont le plus souvent fastidieux et décevants et un élargissement des méats (trous) sinusiens par voie chirurgicale est une bonne méthode pour restaurer une aération correcte. Le fait d'enlever le sinus ethmoïdal (ethmoïdectomie) fait également partie de la procédure.


Par Systole
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Mardi 14 mars 2006

Le terme "otite" traduit une inflammation de l'oreille qui peut siéger à différents niveaux. L'otite la plus fréquente se situe au niveau de l'oreille moyenne et il s'agit d'une affection bénigne et fréquente causée par une infection bactérienne, mais qui peut avoir des complications sérieuses si elle n'est pas prise en charge à temps.

Epidémiologie : l'otite moyenne aiguë est très fréquente, puisque 90% des enfants ont déjà vécu un tel épisode avant l'âge scolaire. elle peut également toucher l'adulte, mais moins souvent.

Mécanismes physiopathologiques : L'otite moyenne est une surinfection bactérienne conséquence d'une infection virale des voies respiratoires supérieures (pharynx le plus souvent) qui va provoquer une inflammation et une obstruction dans la région. Les organismes bactériens impliqués dans la majorité des cas portent les doux noms de Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae et Moraxella catarrhalis.

Symptômes cliniques : une otite se manifeste typiquement par des douleurs au niveau de l'oreille atteinte, augmentées la nuit, avec une diminution de l'audition et de la fièvre. Chez l'enfant, on remarquera volontiers des douleurs abdominales.

Traitement : il repose sur un antibiotique (exemple Amoxicilline et acide clavulanique), mais aussi sur des anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou des fébrifuges pour traiter la fièvre et la douleur. On peut éventuellement associer des gouttes nasales pour décongestionner le nez mais l'efficacité n'a pas réellement été démontrée. Si le traitement n'apporte pas d'amélioration dans les 48h, il faudra effectuer une incision au niveau du tympan pour drainer l'écoulement purulent (paracentèse).

Complications : si l'otite n'est pas prise en charge rapidement, on peut s'attendre à des complications fâcheuses comme un abcès au niveau de l'os mastoïde (mastoïdite aiguë, derrière l'oreille), mais aussi un abcès intracérébral, une infection des méninges (méningite) et même une paralysie du visage.

 

Par Systole
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Jeudi 20 avril 2006
La Maladie de Ménière se caractérise par des crises durant lesquelles le patient ressent des vertiges intenses et incontrôlables, avec éventuellement des troubles auditifs, des nausées et des vomissements. Décrite depuis plus de cent ans, ses causes ne sont encore que partiellement claires.

Mécanismes physiopathologiques et symptômes : l'oreille interne est formée de deux composants majeurs, la cochlée ou colimaçon qui sera utile pour le traitement des ondes sonores en stimuli électriques (audition) et les canaux semi-circulaires (équilibre), contenant un liquide qui va se mouvoir en fonction des mouvements de la tête. Dans la maladie de Ménière, une perturbation au niveau du liquide (hydrops endolymphatique) va provoquer des crises de quelques heures qui vont se caractériser par des vertiges intenses, soit la sensation que les objets tournent autour de soi, ce qui va causer des nausées et des vomissements. De plus, les patients ressentiront souvent un déficit de l'audition et des acouphènes (sons désagréables perçus sans stimulation réelle). La fréquence des crises s'avère très variable selon les patients (une par année... une par semaine...), ce qui plonge la personne dans un état d'abattement dans la mesure où les crises sont imprévisibles.

De plus, avec la répétition des crises, l'audition va récupérer de moins en moins bien et chez certains patients, on notera un déséquilibre permanent.

Traitement : la prise en charge d'un patient avec une maladie de Ménière avérée (plus de deux crises d'au moins vingt minutes avec troubles typiques de l'équilibre et de l'audition) sera de prime abord médicamenteuse. On utilisera des antagonistes de l'histamine comme le métoclopramide pour diminuer les vomissements et les nausées. A titre préventif, et ce afin de diminuer le risque d'une nouvelle crise, le patient prendra quotidiennement des médicaments comme le dichlorydrate de bétahistine ou encore la flunazirine. La mise en place d'un aérateur à travers le tympan a montré être très efficace également.

Lorsque les médicaments ne parviennent pas à diminuer ou stopper les "crises", on songera à des interventions chirurgicales diverses (sacculotomie, neurectomie vestibulaire) qui sont très efficaces mais qui impliquent un risque de surdité non négligeable (environ 15%).

Une prise en charge psychologique s'avèrera importante pour ces patients qui se sentent souvent incompris, anxieux à l'idée de sortir, de peur de subir une nouvelle crise et d'être pris pour des alcooliques par des passants (vertiges, vomissements...).
Par Systole
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